26/11/2017

Eutonie et périnée

Eutonie et périnée par Claudine Drion, eutoniste.

Le périnée est une région très importante pour le soutien de la masse abdominale et des viscères. Un dérèglement peut conduire à des pathologies de type descente d'organes ou incontinence urinaire.  

La prise de conscience des os du petit bassin (ischions, pubis, branches ischio-pubiennes, coccyx-sacrum) donne une connaissance de la zone où s'insèrent les muscles du périnée. Ces sensations conscientes s'intègrent dans l'approche de la globalité du corps et donner ainsi peu à peu, par des exercices que l'on peut pratiquer seul-e, la capacité de détendre et de tonifier le périnée.

Selon l’ouvrage de Françine Doucé, l’eutonie aura pour objectif de rééquilibrer le corps et dagir sur lensemble de la tonicité. Cest une technique déducation du mouvement. Leutonie a pour but d'équilibrer le tonus des muscles qui forment le périnée. En effet, cette méthode se fond sur l’hypothèse quun grand nombre des pathologies provient dun excès de tensions musculaires émotionnelles et/ ou psychologiques. Lévaluation de cette méthode se base essentiellement sur le ressenti des élèves.  Les exercices proposés seront adaptés et modifiés en fonction des besoins des élèves selon leurs ressentis et leurs sensations existantes.

Christine Chautemps, quant à elle, propose la découverte du bassin eutonique avec une balle qui glisse sur toute la surface du bassin pour en ressentir l’enveloppe ou avec laquelle on tapote pour en ressentir la continuité osseuse.

Le périnée est un ensemble de muscles, de tissus et d’organes. Les muscles de la partie externe, le plancher pelvien, forme un 8 du pubis à l’anus. Prendre soin de son périnée équivaut à le garder vivant et habité. On y gagne en plaisir, en bien-être et en confiance en son corps. Le mot périnée, comme nous l’indique l’étymologie grecque « péri-naos », signifie « autour du temple ». Il faut porter une attention particulière aux femmes ayant subi des violences sexuelles, à ce qu’elles peuvent ressentir ainsi que leur laisser un espace pour s’exprimer. Les exercices du périnée représentent un réel chemin pour rétablir la confiance à leur corps fragilisé.

Propositions de consignes

  • Proposer de palper ses os du petit bassin, de les tapoter légèrement.
  • S’asseoir sur le bord d’une chaise pour sentir ses ischions, les « sitting bones », ces

os sur lesquels on s’assied ; rouler un peu d’avant en arrière et d’arrière en avant.

  • Placer une petite balle de mousse sous ces os et jouer à resserrer un peu les muscles

autour de cette balle (c’est le périnée qui agit).

  • Quand la conscience des os s’installe peu à peu, proposer de se mettre à « 4 pattes »

et dessiner comme si l’on avait un crayon au bout du coccyx, puis des ischions.

  • A la fin de la séance, s’étirer calmement dans la position que chacune préfère, bailler,

prendre le temps d’habiter toute la zone du petit bassin.

Solliciter un demi-bassin après l’autre permet de ressentir la micromobilité des articulations du bassin en comparant un côté à l’autre et en distinguant d’éventuelles différences. Ces sensations conscientes permettent de mieux habiter la zone du petit bassin et d’en stimuler la proprioception.

 

 

Bibliographie

Françine Doucé, Rééducation du périnée par l’eutonie, Ardhome , 2010.

Claudine Drion http://eutonie.skynetblogs.be/archive/2017/06/18/atelier-...

Chritine Chauteamps, L’eutonie une préparation à la naissance autrement, Amyris, 2017.

 

 Périnée féminin :

 Perinée.jpeg

17:16 Écrit par - | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/11/2017

3 samedi après midi eutonie à Liège : 13 janvier- 3 mars - 5 mai

Cours d’eutonie à Liège le samedi après-midi 

 

Pour mieux connaître l’eutonie, pour la découvrir ; il n’est pas nécessaire d’en avoir déjà fait : c’est une approche évolutive où débutant-es et initié-es vivent cette pédagogie corporelle à leur rythme. Nous aborderons plusieurs principes d’eutonie pour apprendre à adapter notre tonus selon nos besoins : se détendre, retrouver de l’énergie, développer un  contact harmonieux avec notre environnement, cultiver la confiance dans notre équilibre corporel… 

 

Les cours sont donnés dans le cadre agréable d’un Dojo d’aikido, avec vestiaire et possibilité de prendre une boisson. 

 

Samedi  13  janvier de 14h à 16h30

Samedi  3 mars de 14h à 16h30

Samedi  5 mai de 14h à 16h30

 

Eutonistes : Isabelle Bartiaux, Claudine Drion, Patricia Michel.

 

Lieu : Dojo du Bansenjuku asbl, Rue des Wallons 20 A à Liège (quartier du Laveu à 10 minutes à pied de la gare des Guillemins).

 Prix : 15 euros par après-midi.

 

Inscription : auprès d’une des 3 eutonistes ou par mail 

 

- Patricia Michel : 0474 286 683

- Claudine Drion : eutonie -AT- skynet.be

- Isabelle Bartiaux : isabartiaux- AT- hotmail.com

 

Emportez un drap ou  un tissu pour poser sur les tatamis de sport qui sont sur le sol.

 

Vêtements amples et confortables, chaussettes.

22:24 Écrit par - | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/10/2017

Eutonie, le corps en pleine conscience

L'eutonie, fondée par Gerda Alexander, est une pédagogie corporelle. Chacun-e y apprend son propre mode d'être à partir de la connaissance sensorielle que l'on peut découvrir chaque jour un peu plus. Pleine conscience corporelle : prendre conscience de comment nous nos sentons ici et maintenant. L'eutonie permet d'apprendre à développer cette dimension. Elle permet de désactiver le mode de connaître par la pensée pour passer au connaître par le corps. Elle nous permet d'exercer la sensation de notre vitalité. Celle-ci nécessite en effet d'être entrainée.

 

L'eutonie est une méthode qui permet d'exercer sa conscience. Il ne suffit pas de sentir mais d'avoir conscience que l'on sent. Ceci n'est pas un jeu sur les mots : la démarche cognitive qui consiste à prendre conscience de ses sensations est riche en conséquences. Elle nous décentre de nous même et permet aux mécanismes d'autorégulation de notre corps d'entrer en action.

L'eutonie développe en même temps la capacité d'être en contact avec l'environnement et cela permet également d'exercer une conscience décentrée que nous nommons « présence ».

Approches d'Orient et approches contemporaines créées pas des Occidentaux 

Nos corps se façonnent peu à peu au gré des contraintes de la vie moderne, dans des attitudes qui se figent trop souvent et deviennent douloureuses et inefficaces. Pour y remédier, nous avons à (ré)apprendre à bouger et à sentir; plusieurs approches venues des traditions de l'Orient ainsi que des pédagogies corporelles occidentales, telle que l'eutonie, présentent des points communs.

 Détente et énergies

 Se détendre aide à laisser les autorégulations du corps opérer. L'énergie serait le mot pour désigner la complexité des relations entre les composantes physiologiques, psychiques et informationnelles de l'être humain en particulier et de la vie en général. Des exercices pour libérer les tensions musculaires peuvent contribuer efficacement à laisser circuler cette énergie en nous et à travers nous : ils agissent à la fois sur le corps, par le mouvement, en le déliant, et sur notre attention qui se focalise et s’autorégule dans l'ici et maintenant. La circulation des énergies est un des fondements d'écoles du mouvement qui considèrent l'être humain dans sa totalité comme le yoga, les exercices taoïstes et le qigong ainsi que des arts martiaux internes que sont le taichi et l'aïkido.

 Conscience, enracinement et hara

Des approches d'éducation somatique comme l'eutonie, l'antigymnastique ou la méthode Feldenkrais se basent sur une pédagogie qui vise la conscience de la sensation du mouvement, des os, de la peau et des espaces intérieurs. Ainsi le travail sur le repousser est l’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os. Sentir ses membres qui repoussent le sol ou un mur, par exemple - permet le lâcher prise dans le hara grâce à l'aptitude que l'on (re)trouve à se redresser sans utiliser les fibres musculaires volontaires en mobilisant la fonction tonique des muscles. La conscience du redressement réflexe du corps – que l'eutonie appelle le transport - peut éliminer les crispations du bassin et du dos et rendre plus mobiles les épaules, les bras et les avant-bras, les mains et les doigts.

Conscience et autorégulation

La conscience que les pratiquants de ces approches du mouvement développe leur permet de s'observer dans le mouvement, d'apprendre à sentir. Cette conscience de ce qui se passe ici et maintenant permet l'équilibration du système nerveux autonome dans ses deux versants orthosympathique et parasympatique. Observer de très subtiles sensations et mouvements d'os et de peau, de muscles et d'organes constitue un entraînement qui amène à un état de calme intérieur qui permet au corps d'activer les phénomènes d'autorégulation, voire de guérison.

Contact et prolongement

Cette conscience corporelle permet aussi de s'ouvrir à l'environnement, de prolonger les mouvements. Le contact conscient développe la présence à la relation avec le sol, les objets, l’espace et, à travers eux, les autres personnes. Il inclut toutes les capacités d’adaptation à la relation et permet l’élaboration du mouvement le plus juste. Le manque de contact est une cause fréquente d’accidents. Sa gestion nécessite l’approfondissement de la conscience de soi, de ses limites corporelles et de son rapport au sol. Cet apprentissage du prolongement se fait en arts martiaux avec des bâtons ou une épée par exemple; d'autres pédagogies, comme l'eutonie, utilisent des objets comme des balles de tennis, des bambous, des marrons pour apprendre à sentir à travers eux, à entrer en contact avec l'environnement.

Désapprendre pour retrouver le mouvement spontané

Quand un enfant apprend à marcher, c'est son corps qui trouve comment ça marche : il ne sait pas comment ça fonctionne, quels jeux de forces et de leviers entrent en action. Comme adultes, nous avons à désapprendre certaines des attitudes figées ou stéréotypées qui se sont peu à peu installées. Il ne sert à rien de vouloir : on ne peut pas « fabriquer » la détente ou le mouvement spontané, on ne peut que les libérer. La qualité de ressenti qui s'exerce dans, ces "gymnastiques holistiques", cette attention à tout ce qui se passe en nous et autour de nous, permet d'adhérer pleinement au moment présent et de libérer un spontanéité adaptée aux circonstances. C'est ce que l'eutonie appelle la fluidité tonique.

Ainsi des approches millénaires venues d'Orient et des approches contemporaines créées pas des Occidentaux peuvent se répondre et se compléter  l'une l'autre. Au-delà des conflits potentiels entre courants, il est réjouissant que peu à peu les échanges entre enseignant-es ainsi que les parcours des pratiquant-es s'enrichissent et dessinent le paysage des écoles du corps. 

 

Claudine Drion

Eutoniste  

eutonie.skynetblogs.be

 

22:30 Écrit par - | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/06/2017

Eutonie, le corps en pleine conscience

 

L'eutonie, fondée par Gerda Alexander, est une pédagogie corporelle. Chacun-e y apprend son propre mode d'être à partir de la connaissance sensorielle que l'on peut découvrir chaque jour un peu plus.

Pleine conscience corporelle : prendre conscience de comment nous nos sentons ici et maintenant.

L'eutonie permet d'apprendre à développer cette dimension. Elle permet de désactiver le mode de connaître par la pensée pour passer au connaître par le corps. Elle nous permet d'exercer la sensation de notre vitalité. Celle-ci nécessite en effet d'être entrainée.

Le corps en pleine conscience

 

Claudine Drion

 

05/06/2017

Les positions de contrôle : petit film

https://vimeo.com/207287620?ref=fb-share

18:23 Écrit par - | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/01/2017

Un questionnaire sur l'eutonie - Merci d'y répondre !

Nous souhaitons récolter des témoignages qui pourront donner envie à d'autres de comprendre ce qu'est l'eutonie et d'en faire ! Anonymat garanti.  Vous pouvez donc répondre au questionnaire (7 questions) en ligne en cliquant sur le lien suivant :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSf0GarwvyAeZVVX5...

 

Les réponses, anonymes, sont visibles sur

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSf0GarwvyAeZVVX5...

 

Merci !

 Christianne Istace-Mélot, Claudine Drion, Benoît Istace, eutonistes.

 

09:19 Écrit par - | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/11/2016

Formation professionnelle en eutonie (3 ans)

Une formation passionnante pour tous les jeunes et moins jeunes du monde artistique, de l'éducation, de la santé et du sport ! 

Métier d'avenir dans les maisons de repos, dans les écoles, au sein des PMS et autres centres de fitness, dans le secteur paramédical, la danse et les activités sportives où le mouvement économique ajoute à la performance, mais aussi à titre purement de développement personnel... L'Eutonie peut vous apporter une meilleure conscience de soi à travers le fonctionnement corporel. 

La formation est donnée par Benoit Istace avec Claudine Drion, Christianne Istace-Mélot,  et d'autres intervenant-es.

Plus d'info :

http://www.istace.com/formation.htm

 

 

19/05/2016

Présentation personnelle

Je pratique l’eutonie à titre personnel depuis l'âge de 22 ans et j’ai été diplômée eutoniste en 1999 après cinq années d’études à l’Ecole Belge d’Eutonie Gerda Alexander.

Licenciée et agrégée en sciences sociales, je travaille à titre principal comme formatrice d’adultes.

Je donne des cours hebdomadaires d'eutonie et suis formatrice régulière dans le cadre de la formation professionnelle d'eutonistes depuis 2012 : http://www.istace.com/formation.htm.

 


Mon CV complet sur : http://claudinedrion.unblog.fr/

 

25/11/2011

Eutonie et musicien-ne-s

L'eutonie peut s'adapter particulièrement aux demandes des musicien-ne-s.

Une association française développe une approche précise : par la prise de conscience du corps la pratique de l'eutonie apporte une bonne utilisation du corps pour remplacer la mauvaise qui l'aura malmené et qui ferait revenir les tensions et les douleurs. http://astragale.sante.officelive.com/aboutus.aspx

 N'hésitez pas à prendre contact pour une demande précise !

eutonie@skynet.be - 04 342 89 21

 

08/08/2011

Séances individuelles sur rendez-vous

Mal au dos, tensions, difficultés à libérer la respiration, stress ...

Une ou quelques séances pour apprendre quelques principes d'eutonie dans la vie quotidenne.

- Rendez-vous individuel à la demande auprès de Claudine Drion : 04 342 89 21

26/03/2010

Exercice exigeant et vivre ensemble

Le bien-être est devenu un marché qui flatte le nombrilisme et devient dangereux à force d'être prescripteur d'une norme à laquelle nous devons nous référer.

Trop souvent, des propos aguicheurs proposent sérénité et bonheur en quelques séa,ces (quand ce n'est pas en 20 minutes !).

La plupart des techniques sérieuses sont issues de traditions millénaires et demandent un engagement personnel qui n'a rien à voir avec une consommation d'actes pseudo-thérapeutiques.

De plus, ces traditions et les techniques et approches sérieuses qui en découlent invitent toujours au contact avec les autres humains et avec l'environnement pour y donner de la bienveillance et de la compassion.

Hé oui, le bien être est un exercice régulier et une compassion; pas un bien consommable que l'on peut se procurer en payant.

Non pas un ascétisme : l'hédonisme montre qu'il intègre aussi l'engagement sérieux et le vivre ensemble.

 

05/02/2010

Eutonie, sensation, conscience

L'eutonie, fondée par Gerda Alexander, est une pédagogie corporelle. Chacun-e y apprend son propre mode d'être à partir de la connaissance sensorielle que l'on peut découvrir chaque jour un peu plus. Pleine conscience corporelle : prendre conscience de comment nous nos sentons ici et maintenant. L'eutonie permet d'apprendre à développer cette dimension. Elle permet de désactiver le mode de connaître par la pensée pour passer au connaître par le corps. Elle nous permet d'exercer la sensation de notre vitalité. Celle-ci nécessite en effet d'être entrainée. Claudine Drion Eutoniste   mail : eutonie@skynet.be

Réflexe de redressement, transport

Pour Gerda Alexander, le "transport " est la sensation - et l'utilisation - consciente du réflexe de redressement (1).

L’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os, facilite la mobilité. La conscience des os et les exercices de « repousser » (qui incluent la capacité de la détente de la musculature volontaire) permettent le libre jeu des réflexes toniques, facteurs de la disponibilité posturale et générateurs de puissance dans l’économie.

 

(1)  Le réflexe myotatique de redressement : le poids du corps tend à fléchir les articulations et par conséquent à étirer les muscles extenseurs. Les réactions myotatiques consécutives à cet étirement s'opposent à la pesanteur et permettent le maintien de la station debout notamment.

 

 

06/12/2009

Respirer dans le dos !

L'expression "respirer dans le dos" est une façon de dire que l'on peut sentir les répercussions des mouvements de la respiration à l'arrière de notre corps. Le diaphragme entre en action, les poumons se remplissent. Mais la mécanique de la respiration peut provoquer des mouvements à des endroits différents.

 

Avantages

 

Respirer dans le dos nous fait ressentir la respiration non plus seulement à la surface mais aussi en volume entre l’arrière et l’avant du tronc. Cette forme de respiration consciente complète et présente plusieurs avantages. Elle détend le dos en procurant des micro-mouvements aux articulations vertébrales, elle permet de d’étirer des zones précises de la musculature du dos. Dans un stress émotionnel ou dans une posture qui nous projette trop vers l’avant, respirer dans le dos nous aide à prendre du recul, à nous centrer. C'est enfin un entraînement à des respirations complètes qui s'ajoutent aux autres formes plus habituelles (abdominale et thoracique avant) et vont utiliser la totalité des poumons.

 

Concrètement

 

Il faut inspirez par le nez sans hausser les épaules, sans gonfler la poitrine devant et sans sortir le ventre.

 

  • Imaginons des ballons sur l'arrière de la cage thoracique et tentons de les gonfler à l'inspir; cela permet d'écarter la cage thoracique au niveau dorsal (au niveau soutien gorge, pour les femmes).
  • Nous pouvons nous entrainer en prenant une position qui comprime l'avant du corps (voir photo) et en mettant nos mains dans le dos, afin que les répercussions de la respiration s'y ressentent à l'arrière.
  • Allongeons-nous sur le dos avec une petite balle (de tennis ou en mousse) sous une omoplate ou dans le milieu du dos et sentons les effets de la respiration sur la sensation que provoque la pression de la balle.

 

Bien expirer et sentir que ça bouge !

 

L'insistance mise ici sur les sensations dans le dos ne doit pas nous faire oublier que l'expiration est capitale. Prenons bien le temps d'expirer, si possible plus longuement que pour inspirer. Puis, revenons à notre respiration spontanée, pour simplement l'observer consciemment. Sentir l'air qui entre et qui sort par nos narines, sentir à quels endroits "ça bouge": dans ventre, dans le bas du bassin, jusque dans le périnée, ou à la taille ou encore dans le haut ou dans le bas des côtes, à l'avant ou à l'arrière, au niveau du sternum, des clavicules ou des omoplates. Respirons avec des sensations conscientes !

 

Claudine Drion

Eutoniste

eutonie.skynetblogs.be

02/12/2009

Pleine conscience sensorielle

Nos 5 sens nous permettent de connaitre : sentir, voir, toucher, entendre, goûter.

Ajoutons la proprioception - intéroception qui nous permet de prendre conscience de comment nous nos sentons ici et maintenant.

L'eutonie permet d'apprendre à développer cette dimension. Elle permet de désactiver le mode de connaître par la pensée pour passer au connaître par le corps. Elle nous permet d'exercer la sensation de notre vitalité. Celle-ci nécessite en effet d'être entrainée.

06/09/2009

Pour s'endormir

Un sommeil de qualité

 

 

S'endormir ou se rendormir au milieu de la nuit n'est pas chose aisée pour tout le monde : voici quelques pistes utiles. Avant de se coucher, il est conseillé de ne pas travailler ni jouer à l'ordinateur durant les deux heures qui précèdent. En effet, les tensions autant mentales qui musculaires que cette activité provoque ne sont guère favorables à l'endormissement.

 

Facteur de bien-être

 

Un sommeil de qualité est un facteur de bien-être important. Françoise Dolto disait que "dormir sert à se reposer de la fatigue de vivre". La médecine traditionnelle chinoise ainsi que le médecine traditionnelle indienne, l'Ayurveda, mettent en évidence l'équilibration de nos systèmes internes (digestif, respiratoire, cardiaque, énergétique, etc.) durant le sommeil.

 

Sentir la détente

 

Une fois au lit, cherchons comment nous mettre dans les meilleures conditions. Pour les températures : la tête au frais, grâce à la fenêtre ouverte, et une bouillotte pour maintenir les pieds au chaud; ce qui provoque la détente. Prenons le temps de sentir comment notre corps se dépose sur le lit; cherchons à prendre conscience du toucher des draps sur notre peau. Roulons très lentement les jambes vers l'intérieur puis vers l'extérieur, puis faisons de même avec les bras. Ces micro-mouvements nous permettent de sentir la peau glisser. Nous pouvons aussi nous faire bâiller en ouvrant grand la bouche, en faisant des grimaces, en tirant la langue très loin vers l'avant. Mettons ensuite notre attention sur notre ventre au fil de la respiration. Sentons le poids de la couverture, le mouvement des draps qui se soulèvent.

 

La journée à l'envers

 

Voici un exercice de concentration qui procure en même temps une détente apte à provoquer l'endormissement. Nous revoyons ce qui s'est passé avant de nous coucher et nous remontons  ainsi le fil de la journée jusqu'au matin. Sans se fixer autour d'un moment particulier, nous laissons revenir en mémoire les événements dans l'ordre inversé.

 

Programmer son réveil

 

Démarrer la journée de façon positive commence par des étirements et des bâillements. Puis, au sortir du lit mettons nous en action pour le projet prévu et pour lequel nous avons préparé quelques éléments la veille. Par exemple, les chaussures de jogging, le gant pour vous frotter la peau, le bol pour démarrer la journée avec une tasse d'eau chaude… Le matin, la volonté prend parfois un peu de retard sur le lever : il vaut mieux avoir programmé ce que nous avons l'intention de faire pour nous aider à démarrer. Quel que soit l'activité, n'oublions pas de nous étirer et de bouger consciemment pour profiter d'une journée tonique et détendue.

 

Claudine Drion

Eutoniste eutonie.skynetblogs.be

Enracinement

Le travail sur le repousser que propose l'eutonie permet le lâcher prise dans le hara grâce à l'aptitude que l'on (re)trouve à se redresser sans utiliser les fibres musculaires volontaires en mobilisant la fonction tonique des muscles. L'enracinement, la présence dans le hara/tandien font partie du travail que l'eutonie propose ; c'est une technique qui peut mener qui le souhaite à un chemin d'approfondissement de la vie intérieure.

01/07/2009

Conscience corporelle

L'eutonie est une méthode qui permet d'exercer sa conscience. Il ne suffit pas de sentir mais d'avoir conscience que l'on sent.

 

CONCENTRATION ET DECENTRATION

Ceci n'est pas un jeu sur les mots : la démarche congnitive qui consiste à prendre conscience de ses sensations est riche en conséquences. Elle nous décentre de nous même et permet aux mécanismes d'autorégulation de notre corps d'entrer en action.

L'eutonie développe en même temps la capacité d'être en contact avec l'environnement et cela permet également d'exercer une concscience décentrée.

 

 

15/06/2009

Références

Quelques lieux où j'ai donné cours d'eutonie : .................................

Institut d’Eco Pédagogie (1996, 1998)..................

Réseau Culture et Développement (1997)................. 

Formation continuée des enseignants du fondamental de l’UVCWB (2000, 2001, 2002, 2003)....................

Etopia - REE (2005, 2006, 2008)....................

Démarche qualité de vie au travail du Centre Hospitalier CHPLT de Verviers (2007)...................

Nejma (2006 - 2008)....................

Formation professionnelle d'eutonistes (depuis 2012) http://eutonie.skynetblogs.be/archive/2011/09/18/formatio...

Séances individuelles.

15/03/2009

Tout est dans l'os !

 

Tout est dans l'os !

Les habitué-es de cette chronique auront déjà remarqué l'importance qui y accordée à la conscience osseuse. Non pas que les os aient une conscience… mais, nous pouvons développer la sensation consciente de nos os. Voici quelques pistes.

 Tapoter

Par le tapotement, il est possible de sentir une vibration se transmettre dans un os précis. A l'aide d'un marron, d'un bambou ou d'un petit bout de bois, nous allons tapoter sur un os (le sternum, le radius, le tibia…) et sentir la résonance dans la longueur et l'épaisseur. Prendre ainsi conscience de l'os, puis sentir que la vibration se transmet plus loin, vers un autre os, au travers d'une articulation. Nous pouvons aussi tapoter sur chacune des côtes d'un même coté et essayer de sentir ce qui se transmet jusqu'à la colonne vertébrale. Puis nous comparons les deux côtés de notre cage thoracique pour tenter de discerner des différences avant de procéder aux tapotements de l'autre côté.

Se déposer sur un bambou

Couché-e par terre, déposer par exemple le l'arrière de la jambe, ou la tête, ou le bassin (voir dessins) le sur une balle de tennis ou un bambou. Laissons le poids de notre corps faire son travail. Acceptons de sentir l'objet qui s'enfonce dans la peau, le muscle jusqu'à entrer en contact avec l'os au travers des tissus mous. Tentons d'identifier les sensations, de les distinguer.

Ces deux manières de chercher nos os peuvent s'exercer sur l'importe quelle partie du corps à condition de ne pas se faire mal. La douleur serait en effet contreproductive car elle entraînerait des crispations musculaires.

 A quoi sert de sentir ses os ?

La conscience de l'os renforce un sentiment de puissance intérieure, elle permet de relâcher les muscles qui s'y attachent et de donner accès à une détente profonde. Les os nous portent, ou plutôt, nous nous portons par les os. Si ceux-ci sont bien alignés, les articulations ne sont pas mises à l'épreuve;le maintien se fait "naturellement", sans effort grâce au le réflexe de redressement.

 A la recherche de la forme et du volume des os

Gerda Alexander, la fondatrice de l'eutonie, a construit la plus grande partie de son approche sur cette conscience des os. Pendant les années qui ont suivi sa maladie, elle a élaboré, pour sa propre survie, une méthode de mouvement faisant appel aux réflexes posturaux, à l’effort sans surmenage, à la régulation du tonus musculaire. La conscience de l'os se produit en affinant diverses sensibilités : épaisseurs, volumes, surfaces planes, creux, périoste, liens entre les os via les articulations, dans une attitude quasi méditative de sa propre structure osseuse.

Le transport osseux

Le « transport » est défini par G.Alexander comme l’utilisation consciente du réflexe de redressement et des lois de la pesanteur à travers le corps. L’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os, facilite la mobilité. La conscience des os et les exercices de « repoussé » (qui incluent la capacité de la détente de la musculature volontaire) permettent le libre jeu des réflexes toniques, facteurs de la disponibilité posturale et générateurs de puissance dans l’économie.

 

Claudine Drion  Eutoniste G.A. ® eutonie.skynetblogs.be

 

 

 

Phrases d'eutonie

 

Au coeur de l'eutonie : la conscience de l'os comme cheminement vers être ici et maintenant.

 

Mieux vaut suivre sa propre ligne de vie imparfaite que celle parfaite du voisin. 

EUTONIE : tonicité (tension musculaire) harmonieusement équilibrée et en adaptation constante, en rapport juste avec la situation ou l'action à vivre.

 Dans la pratique de l'Eutonie , il est convenu quel'activitécorporelle ne doit répondre à aucun critèrenormatif : il n'y a pas de modèle.

 

"Soyez généreux mais sans violence vis-à-vis de vous-mêmes. Vous avez toute liberté, mais aussi la responsabilité de faire des choix qui prennent en compte l'ensemble de vos possibilités et qui respectent vos limites. " www.eutonie-gerda-alexander.be

 

 

L’observation en Eutonie est l’attitude qui conduit à prendre conscience aussi bien des régions détendues, des sensations agréables, que des tensions, des points meurtris ou douloureux.

 

 « Le corps humain semble posséder une tendance ordonnatrice qui collabore à remettre instantanément tout à sa place dès qu’on lui en donne la moindre possibilité. » Lily ERHENFRIED (1896-1995).

 « Ce qu’il faut c’est apprendre un peu plus chaque jour que l’on est ce corps sur lequel on peut prendre appui »Gerda ALEXANDER  (1908-1994)

 

L'Eutonie vise à développer une conscience de plus en plus fine de son propre corps pour en dégager des attitudes et des mouvements avec un tonus juste, mieux adaptés aux différentes situations de la vie.

En Eutonie, une détente profonde est obtenue par le développement d'une passivité consciente en même temps qu'une concentration intense.

Le travail en Eutonie aboutit aussi à une mise en phase avec son environnement : le « Contact » permet non seulement d'être mieux avec soi-même, mais aussi mieux avec les autres.

Enracinement : le travail sur le repousser que propose l'eutonie permet le lâcher prise dans le hara grâce à l'aptitude que l'on (re)trouve à se redresser sans utiliser les fibres musculaires volontaires.

 

Dessiner dans l'espace

Dessiner dans l'espace pour délier les mouvements

Tous les conseils d'hygiène de vie insistent sur le mouvement et nous encouragent à bouger. Pour que ces mouvements soient bénéfiques aux articulations, pour allonger les muscles raccourcis, pour harmoniser les fonctions vitales, il s'agit de bouger en conscience, sans effort, avec un ancrage au sol et en "prolongeant". Les orientaux parlent de se relier au ciel et au centre de la terre. En eutonie, on donne la consigne de dessiner dans l'espace à partir d'un point du corps. D'autres gymnastiques hygiénistes proposent l'autograndissement ou d'imaginer que l'on porte un poids, etc.

 Fibres toniques

Ces invitations à prolonger le mouvement reposent sur la connaissance des différents types de fibres musculaires. Ce prolongement permet en effet de mobiliser les fibres toniques des muscles les plus rapprochés des os : les muscles de la posture. Les fibres toniques, qui entrent ainsi en action, consomment beaucoup d'oxygène – d'où l'importance de respirer profondément – mais permettent un travail musculaire sans fatigue. Les mouvements faits avec effort sont, quant à eux, produits par les fibres musculaires phasiques, davantage présentes dans les muscles superficiels, qui consomment beaucoup d'énergie, produisent davantage de toxines et provoquent plus vite de la fatigue.

 Imaginer un long pinceau

Pour s'habituer à mobiliser davantage les fibres toniques, dessiner dans l'espace est un moyen efficace. La consigne consiste à imaginer un long pinceau qui prolonge une partie du corps (coude, oreille, doigt, genou, talon, etc.) et à dessiner au loin avec ce long pinceau : sur les murs, au plafond,… Avant même que le corps n'entre en mouvement, des adaptations internes se produisent à partir du projet conscient ou inconscient de bouger, c'est le "positionnement directionnel". Ces adaptations peuvent être déclenchées consciemment par le "dessin". Les deux pieds bien ancrés dans le sol, l'intention du mouvement va être déclenchée à partir d'un point du corps. A partir de ce point de départ qui "dessine" dans l'espace, le reste du corps va suivre, il s'agit de laisser passer la conséquence de ce dessin dans tout le corps. Cela suppose une grande fluidité mentale et musculaire.

Harmoniser les fonctions vitales

Cette fluidité mentale et musculaire amène à retrouver une précision et une liberté à bouger. Cela délie les gestes et libère les articulations. Il n'y a pas de force, c'est l'intention de dessiner à partir d'un point précis qui entraîne le mouvement. Ces mouvements détendus permettent une équilibration du système nerveux autonome et une ouverture de la respiration ainsi qu'une harmonisation du tonus.

 Claudine Drion  Eutoniste eutonie.skynetblogs.be

 

 

03/01/2009

Diaphragme et respiration

Un diaphragme conscient

 

Le bien-être est un principe actif qui demande de la rigueur, c’est pourquoi il est utile de s'exercer dans la respiration. Le fait d’être conscient-e de notre respiration développe une vigilance qui nous permet d’être dans un mode d’observation des autres et de soi, pour ne pas tomber dans le schéma des autres ou se prendre à ses propres pièges.

 

L'impression d'avoir une respiration limitée ? Mal entre les côtes ? Un pincement sous le sternum, le plexus solaire noué… Une des causes possibles de ces douleurs est un muscle, le diaphragme, prompt à se contracturer et capable de faire durer des émotions désagréables en demeurant crispé.[1] Puisque c’est un muscle, il doit être possible de le détendre ! Vivre en ayant une plus claire conscience de son diaphragme est une opportunité de se détendre, de s'oxygéner, de profiter d'un massage interne des organes digestifs; bref un plus de vie. Le diaphragme est un muscle en forme de parachute, à la foi très fin et puissant; son mouvement de va-et-vient permet de faire ressentir les moments de remplissage puis de vidage d'air au niveau thoracique et abdominal.

 

D'abord expirer

 

Expirer, c’est abaisser le sternum, les clavicules, les côtes et aplatir le ventre. Inspirer, c’est détendre le ventre, élargir le tour des côtes et expanser la surface du dos et toute la cage thoracique. Pour bien respirer, il importe d'abord de bien expirer. C'est contraire à beaucoup de nos habitudes (et la connotation du mot expirer nous conditionne, évidemment). Quand on nous demande de bien respirer, la plupart d'entre nous commencent par prendre une grande inspiration. Or, pour pouvoir bien se "remplir d'air" il faut d'abord avoir fait le vide! La technique s'acquiert avec un peu de patience. Commençons pas prendre conscience de notre cage thoracique et notre abdomen en tapotant, sur les côtes, les clavicules, le bassin et en frottant légèrement la peau. En cherchant à sentir aussi les omoplates, les côtes et le bassin à l'arrière. En position assise, on veillera à bien sentir l'appui des ischions.

 

Pour bien expirer nous allons utiliser nos mains pour abaisser les côtes et le sternum (avec l'habitude nous y arriverons sans les mains, en utilisant nos muscles); puis nous rentrerons le ventre grâce aux abdominaux et enfin nous serrerons le périnée. Puis, relâcher le tout et l'inspiration (par le nez) se fait tout naturellement, sans effort. Une première fois, ces trois étapes semblent un peu compliquées à faire successivement. Mais avec le temps, on s'habitue à ces sensations. On sent les étapes se faire et on a le plaisir de sentir l'inspiration venir spontanément. Dans la détente, on peut prendre conscience des os qui entrent en mouvement : le sternum qui bouge, les côtes qui bougent, le bassin qui bouge.

 

Cohérence cardiaque

 

Le concept de cohérence cardiaque est issu des neurosciences et de la neuro-cardiologie. Le cœur entretien une relation privilégiée avec notre cerveau limbique qui contrôle notre équilibre physiologique. Cet équilibre provient du système nerveux autonome où se conjuguent le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Le premier, est associé aux réactions de « combat et de fuite » et une accélération du rythme cardiaque. Le parasympathique est quant à lui associé aux réactions de calme et de relaxation, apaisant les battements cardiaques. L'état cohérent du rythme cardiaque se manifeste par un état ordonné lorsque nous ressentons des émotions positives, telles que le bien-être, la compassion ou la reconnaissance… Pour retrouver cet état, il est conseillé de pratiquer 3 minutes. Pratiquement, il s'agit de se concentrer pour faire18 fois le cycle : inspiration de 5 secondes et expiration de 5 secondes.

 

Marche afghane

 

Allier mouvement, conscience du diaphragme et cohérence cardiaque est possible dans la marche. Ce qui est aujourd'hui mis sous l'appellation "marche afghane" correspond bien à cet exercice. Cela permet un apaisement cardiaque, repos du cœur et une oxygénation intense. Voici deux séquences que l'on peut enchaîner dans la marche en comptant mentalement.

  • 3/1- 3/1 : inspirer par le nez sur les 3 premiers pas, garder l’air dans les poumons au 4ème pas (apnée à poumons pleins), expirer immédiatement après sur les 3 pas suivants (toujours par le nez), rester poumons vides d’air sur le dernier pas (apnée à poumons vides) et recommencer le cycle de la même façon, aussi longtemps que l’on se sent à l’aise.  Ce rythme peut être maintenu sans inconvénient sur une distance importante, et même pendant une randonnée.
  • 4/4/2 : la seconde séquence peut se pratiquer ensuite : inspirer sur 4 pas,expirer aussitôt après sur 4 pas suivants, rester poumons vides d’air sur 2 pas. Vous trouverez encore d'autres séquences pour progresser dans cette forme de "marche consciente" en cherchant sur internet.

 Le chant et les bâillements  

Chanter est aussi un excellent exercice pour le diaphragme et la respiration consciente. Le chant fait respirer.

 Dans tous ces exercices, des bâillements risquent de se produire – et c'est tant mieux - : cela permet une meilleure oxygénation, et provoque des étirements des muscles du cou et de la cage thoracique tout en permettant au diaphragme de se détendre. Respirez et bâillez bien !

 

Claudine Drion

Eutoniste  eutonie.skynetblogs.be



[1] Le site d'une professeure de yoga www.yvetteclouet.fr/ explicite les dimensions physiologiques du travail sur le diaphragme.

02/01/2009

Ne pas polluer la terre

Depuis 1978, je suis végétarienne et je mange bio ...

Restons lucide et modeste :

- végétarienne adaptable car je ne refuse pas un plat avec de la viande là où je suis invitée et je mange du poisson une fois par semaine.

- bio : pour les légumes, les légumineuses, les céréales, les algues, les épices, les tisanes, les oeufs, le pain, le vin, les bières, le fromage.

http://www.albinete.be/

http://www.ferme-paque.be/

http://www.biorties.be/

http://www.biopartner.be/fr/magasins/li%C3%A8ge/le_temps_...

 

Nous utilisons un maximum de produits naturels pour l'entretien et  les lessives.

Nous nous déplaçons à vélo  et la voiture roule au LPG.

19° maximum dans les pièces de vie.

Double vitrage, isolation du toit (isofloc).

Compteur bi-horaire.

...

07/10/2008

Orient et Occident

Approches d'Orient et approches contemporaines créées pas des Occidentaux 

Nos corps se façonnent peu à peu au gré des contraintes de la vie moderne, dans des attitudes qui se figent trop souvent et deviennent douloureuses et inefficaces. Pour y remédier, nous avons à (ré)apprendre à bouger et à sentir; plusieurs approches venues des traditions de l'Orient ainsi que des pédagogies corporelles occidentales, telle que l'eutonie, présentent des points communs.

 Détente et énergies

 Se détendre aide à laisser les autorégulations du corps opérer. L'énergie serait le mot pour désigner la complexité des relations entre les composantes physiologiques, psychiques et informationnelles de l'être humain en particulier et de la vie en général. Des exercices pour libérer les tensions musculaires peuvent contribuer efficacement à laisser circuler cette énergie en nous et à travers nous : ils agissent à la fois sur le corps, par le mouvement, en le déliant, et sur notre attention qui se focalise et s’autorégule dans l'ici et maintenant. La circulation des énergies est un des fondements d'écoles du mouvement qui considèrent l'être humain dans sa totalité comme le yoga, les exercices taoïstes et le qigong ainsi que des arts martiaux internes que sont le taichi et l'aïkido.

 Enracinement et hara

Des approches d'éducation somatique comme l'eutonie, l'antigymnastique ou la méthode Feldenkrais se basent sur une pédagogie qui vise la conscience de la sensation du mouvement, des os, de la peau et des espaces intérieurs. Ainsi le travail sur le repousser est l’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os. Sentir ses membres qui repoussent le sol ou un mur, par exemple - permet le lâcher prise dans le hara grâce à l'aptitude que l'on (re)trouve à se redresser sans utiliser les fibres musculaires volontaires en mobilisant la fonction tonique des muscles. La conscience du redressement réflexe du corps – que l'eutonie appelle le transport - peut éliminer les crispations du bassin et du dos et rendre plus mobiles les épaules, les bras et les avant-bras, les mains et les doigts.

Conscience et autorégulation

La conscience que les pratiquants de ces approches du mouvement développe leur permet de s'observer dans le mouvement, d'apprendre à sentir. Cette conscience de ce qui se passe ici et maintenant permet l'équilibration du système nerveux autonome dans ses deux versants orthosympathique et parasympatique. Observer de très subtiles sensations et mouvements d'os et de peau, de muscles et d'organes constitue un entraînement qui amène à un état de calme intérieur qui permet au corps d'activer les phénomènes d'autorégulation, voire de guérison.

Contact et prolongement

Cette conscience corporelle permet aussi de s'ouvrir à l'environnement, de prolonger les mouvements. Le contact conscient développe la présence à la relation avec le sol, les objets, l’espace et, à travers eux, les autres personnes. Il inclut toutes les capacités d’adaptation à la relation et permet l’élaboration du mouvement le plus juste. Le manque de contact est une cause fréquente d’accidents. Sa gestion nécessite l’approfondissement de la conscience de soi, de ses limites corporelles et de son rapport au sol. Cet apprentissage du prolongement se fait en arts martiaux avec des bâtons ou une épée par exemple; d'autres pédagogies, comme l'eutonie, utilisent des objets comme des balles de tennis, des bambous, des marrons pour apprendre à sentir à travers eux, à entrer en contact avec l'environnement.

Désapprendre pour retrouver le mouvement spontané

Quand un enfant apprend à marcher, c'est son corps qui trouve comment ça marche : il ne sait pas comment ça fonctionne, quels jeux de forces et de leviers entrent en action. Comme adultes, nous avons à désapprendre certaines des attitudes figées ou stéréotypées qui se sont peu à peu installées. Il ne sert à rien de vouloir : on ne peut pas « fabriquer » la détente ou le mouvement spontané, on ne peut que les libérer. La qualité de ressenti qui s'exerce dans, ces "gymnastiques holistiques", cette attention à tout ce qui se passe en nous et autour de nous, permet d'adhérer pleinement au moment présent et de libérer un spontanéité adaptée aux circonstances. C'est ce que l'eutonie appelle la fluidité tonique.

Ainsi des approches millénaires venues d'Orient et des approches contemporaines créées pas des Occidentaux peuvent se répondre et se compléter  l'une l'autre. Au-delà des conflits potentiels entre courants, il est réjouissant que peu à peu les échanges entre enseignant-es ainsi que les parcours des pratiquant-es s'enrichissent et dessinent le paysage des écoles du corps.  

 

Claudine Drion

Eutoniste  

eutonie.skynetblogs.be

 

 

01/10/2008

Bouger, s'étirer, bâiller

Durant les mois froids, on a tendance à se recroqueviller : c’est le signe d’un besoin physiologique de repos (qui se manifeste chez certains mammifères par l’hibernation !). Tout en étant à l’écoute de ce besoin, notre bien-être réclame d’éliminer les toxines et de « huiler » nos articulations. Soyons vigilant-es à bien bouger, même en hiver. Voici trois pistes à vivre en étant bien conscient-es de ses sensations.

  

  1. Bouger

Le mouvement est une des caractéristiques de la vie, mais aujourd'hui, le mode de vie de beaucoup d'entre nous comporte de nombreuses heures en posture assise. Que faire ? Comme nous l'avons décrit dans la fiche Bien-être n°1 : se coucher sur le dos et prendre les genoux dans les mains pour étirer la colonne vertébrale. "Dessiner" sur les murs, au plafond avec un coude, ou un genou, une oreille … imaginer que l'on a un pinceau qui prolonge ce segment du corps et dessiner au loin, prolonger dans l'espace. Laisser cette partie du corps entraîner le reste du corps à suivre le mouvement et retrouver une liberté de bouger. Dans le mouvement l'ancrage des pieds est très important : il s'agit de garder conscience du sol et ainsi de descendre son centre de gravité. La danse libre marie ces deux attitudes : bien ancrés dans le sol, nous pouvons nous élancer dans toutes les directions.

 

  1. S’étirer

Dans la même perspective, les étirements sont essentiels. Mais comment ? Différentes variantes sont à explorer pour ne pas répéter les mêmes séquences et se préserver l’esprit de découverte qui aiguise nos sens. On peut ainsi s'étirer en diagonale (jambe gauche et bras droit en même temps puis vice versa). On peut également varier l'intensité car nous avons tendance à aller avec force dans l'étirement. Si cet étirement maximal est 100%, essayons ensuite de nous étirer à 75% puis à 50%, voire 10%. L'idée ici est de faire les choses en finesse.

Et prendre le temps de sentir ce qui se passe après l'étirement : comment le corps reprend sa forme dans la détente. Il est aussi possible de s'étirer sans bouger, juste en ayant l'intention du mouvement. Debout, les deux pieds bien ancrés, un bras levé et un bras abaissé, s'imaginer, sans bouger, repoussant le plafond d'un côté et le plancher de l'autre. Prendre le temps de sentir ce que cela provoque dans le bras, dans la jambe et dans la connexion entre les deux.

 

  1. Bâiller

Les étirements vont presque systématiquement provoquer des bâillements; de même que le fait de se relaxer. Bâiller est un réflexe, mais il peut aussi être provoqué. Voici la recette pour se faire bâiller : ouvrir grand la bouche, écarquiller les yeux, tirer la langue; au besoin grimacer à souhait. Une fois le bâillement déclenché, profiter amplement du mouvement d'étirement musculaire généralisé des muscles respiratoires (diaphragme, intercostaux, scalènes) ainsi que des muscles de la face et du cou. Cet étirement est bénéfique et permet d'expirer en profondeur. Dans nos sociétés, la bienséance considère le bâillement comme un manque de savoir vivre. Voici un préjugé que nous pourrions faire mentir en partageant des moments de bâillements et d'étirements dans les lieux publics !

 A quel moment ?

Ces trois attitudes peuvent être pratiquées à n'importe quel moment mais tout spécialement le matin au saut du lit pour "huiler" les articulations. Bouger, s'étirer, bâiller est aussi très recommandé après un long moment d'immobilité (un trajet, du travail sur PC,…). Le mouvement exercé consciemment développe le sens articulaire et délie la motricité. Les étirements font éprouver en complément, dans un mélange de solidité et de souplesse, les structures du corps qui nous relient.

Claudine Drion, eutoniste GA ®

eutonie.skynetblogs.be

 

 

 

06/07/2008

Toucher - Contact - Transport

Voici trois notions essentielles développées par Gerda Alexander en Eutonie :

1-Le toucher conscient

Gerda Alexander souligne l’importance de la peau comme interface entre l’intérieur et l’extérieur du corps. Les expérimentations développent la sensibilité superficielle et profonde, structurent le schéma corporel et équilibrent le tonus.

Différents supports sont utilisés : toucher avec le sol, toucher avec divers objets tels que, par exemple, les balles et les baguettes, les marrons qui stimulent et guident l’attention. Ces outils font émerger « cette possibilité de venir du corps propre jusqu’à la zone périphérique ».

 2-Le contact, la perméabilité et la circulation

Le contact conscient développe la présence à la relation avec le sol, l’environnement, les objets, l’espace et à travers eux les autres personnes. Il inclut toutes les capacités d’adaptation à la relation et permet l’élaboration du mouvement le plus juste. Il participe à l’économie du mouvement.

Le manque de contact est une cause fréquente d’accidents. Sa gestion nécessite l’approfondissement de la conscience de soi, de ses limites corporelles et de son rapport au sol.

3-Le Transport

Le « transport » est défini par G.Alexander comme l’utilisation consciente du réflexe de redressement. L’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os, facilite la mobilité. La conscience des os et les exercices de « repoussé » (qui incluent la capacité de la détente de la musculature volontaire) permettent le libre jeu des réflexes toniques, facteurs de la disponibilité posturale et générateurs de puissance dans l’économie.

26/06/2008

Eutonie en groupe

Le travail à deux se conçoit comme une nouvelle opportunité de réguler son propre tonus dans la relation à l’autre. Il peut s’envisager assez naturellement si les principes de base sont suffisamment expérimentés individuellement. Les supports pédagogiques seront les mêmes, enrichis des éléments liés à la situation relationnelle. «La communication entre deux personnes ne s’établit pas seulement au moyen du toucher et du contact, mais également à partir de l’espace intérieur d’un individu jusqu’à son espace extérieur et jusqu’à l’espace corporel de l’autre ».

L'eutonie, créée par Gerda Alexander, apparaît comme une pédagogie non-directive et une pratique corporelle exigeante. Elle est fondée sur l'observation de ses propres sensations : la personne est considérée comme un-e élève en recherche pour libérer ses tensions, harmoniser ses fonctions vitales, ajuster son tonus, prendre soin de son dos, ouvrir la respiration.

Puis on augmente les stimulations en proposant une communication à trois personnes, nécessitant une écoute bipolaire. Multipliant les communications entre les personnes et le nombre de personnes, on crée un état d’écoute et de réceptivité multi modale et pluri directionnelle.

17/04/2008

GERDA ALEXANDER

En travaillant sur les tensions, l'eutonie apprend la meilleure façon de bouger et de marcher. Avec le corps,  il y a intérêt à bien connaître le mode d'emploi !


L'eutonie vise à un meilleur contrôle de la tension musculaire et à la recherche d'un mouvement harmonieux, celui qui génère le moins de fatigue pour le corps.

La pratique de l'eutonie fut développée par Gerda Alexander dans les années 1930. Danseuse, elle fut frappée d'un rhumatisme articulaire aigu à l'âge de 21 ans. Handicapée dans la plupart de ses mouvements, elle étudia la tension et l'énergie qu'exige le moindre geste de la vie quotidienne en quête d'harmonie et d'effort minimum.

Elle en tira une pédagogie aujourd'hui répandue dans de nombreux pays : l'eutonie.

 

____________________________________________

Voici un texte écrit par Jessie Dellage et publié sur le site suivant :

http://www.c-possible.org/cp.cp?CPDoc=1800527

Gerda Alexander (1908-1994)

Cette année est celle du centenaire de Gerda Alexander et c’est avec une profonde reconnaissance pour tout ce qu’elle a permis de vivre directement ou indirectement à tant de personnes que je rédige ces lignes. Ma rencontre avec elle a déterminé ma démission de l’Education Nationale et mon engagement sans faille dans un domaine où presque tout était à faire en France.

Gerda Alexander cherchait la manière la plus « juste » de vivre son corps. Juste, c’est-à-dire à la fois dans le respect des lois de l’anatomie et de la physiologie mais aussi dans celui de l’expression et de la vie intérieure. Curieuse, habitée par des intuitions fortes, elle parcourut inlassablement le difficile chemin de la relation au corps, se contentant rarement de ce qu’elle découvrait, car sans cesse la remettait en question ce qu’elle était amenée à observer et à comprendre.

A la fois artiste et enseignante, elle fit d’abord cette recherche pour elle-même. En effet, atteinte très jeune d’un rhumatisme articulaire aigu, probablement à la suite des privations de la première guerre mondiale en Allemagne, à une époque où la pénicilline n’existait pas, elle n’avait, selon elle, pas d’autre choix :

"Vous entendre dire, à quatorze quinze ans, par les médecins de la Faculté que votre avenir, c'est la mort ou la chaise roulante, ce n’est guère enthousiasmant ! Et il n'était pas dans mon tempérament de me soumettre. J'ai pensé que c'était peut-être le moment de découvrir quelque chose, de trouver le moyen d'économiser mes forces et de répartir l'énergie qu'on me pronostiquait pour quelques mois ou quelques années de vie sur un temps plus long."

Elle se mit à observer les variations de sa vitalité, de ses douleurs, se rendant compte que le simple fait de leur donner son attention modifiait ses sensations. Ses gestes, sa posture se faisaient alors différemment. Plus économiques, plus disponibles. Elle trouvait ses appuis sur le sol, et la détente en résultant, elle trouvait la fonction de support du squelette, qui libère la musculature de l’effort superflu de se tenir. Sa mobilité, sa santé s’amélioraient. Et simultanément se développait en elle une capacité d’attention considérable.

Sa fragilité l’obligea à renoncer à la carrière artistique à laquelle elle aspirait depuis son enfance. Ses parents s’étaient rencontrés par leur intérêt pour la méthode d’Emile Jaques Dalcroze et elle avait fréquenté tout au long de sa scolarité, après la classe, l’école de rythmique de Wuppertal. Cette éducation artistique l’enthousiasmait. Elle serait danseuse, musicienne, ou mieux, metteur en scène d’opéra ou de théâtre. Mais la maladie stoppa ses projets et elle opta pour l’enseignement de la rythmique.

En 1929 elle quitta l’Allemagne pour le Danemark, pour enseigner dans les jardins d’enfants et s’y installa définitivement quand Hitler accéda au pouvoir, persuadée, disait-elle, que son travail ne pourrait se développer sous un tel régime. Elle introduisit peu à peu dans ses cours les exercices qui l’aidaient elle-même quand les enfants semblaient fatigués ou dispersés. Les parents constatèrent une telle amélioration dans le comportement et la santé de leurs enfants, qu’elle fut bientôt appelée à l’hôpital. Elle aida de très nombreux enfants spastiques ou asthmatiques.

Elle continuait de fréquenter les milieux artistiques. Les musiciens et les comédiens se mirent à faire de plus en plus appel à elle pour les aider à prévenir, voire à résoudre, leurs difficultés : tensions, douleurs, surmenage. Elle travailla dès 1936 à l’Opéra Royal puis après la guerre également à l’Orchestre Symphonique de la Radio de Copenhague. Ses apports, simples, pratiques, pour la posture et la relation à l’instrument, montrent une profonde intelligence du corps. Ils ne faisaient pas que soulager les douleurs ; les chefs et metteurs en scène constataient également des changements radicaux au niveau artistique.

Sa réputation grandit. Des médecins, en Europe, aux Etats-Unis, des psychanalystes, l’invitèrent à parler de son travail et à former des praticiens. Ne pouvant répondre à toutes les demandes qui lui étaient faites, elle ouvrit en 1947 une école de formation professionnelle. Il lui fallut alors trouver un nom pour décrire sa pratique. Elle choisit celui d’eutonie, par opposition au mot dystonie, car les dystonies neurovégétatives étaient les affections sur lesquelles son travail avait le plus d’influence. L’eutonie fait référence à un tonus musculaire pleinement accordé à la situation vécue. Elle redonne à la musculature son élasticité, sa capacité de se modifier selon les besoins, défaisant les fixations, les gestes stéréotypés, les postures limitées ou douloureuses.

Transmettre à de futurs professionnels amena Gerda Alexander à dégager de l’eutonie ses principes fondamentaux.

  • La détente consciente, bien sûr, par divers moyens dont la conscience du support.
  • Le mouvement et ce qui le permet : l’étirement, le repousser contre résistance, le mouvement conduit à partir d’une région du corps. Toujours dans le respect de la sensation éprouvée. Donc en travailant sur la limite, la polarité plaisir/douleur.

Elle définit deux concepts essentiels :

  • Le contact conscient, qui différencie au niveau de la peau l’information qui vient de l’objet vers le corps et le stimule, de celle qui est impulsée vers ou à travers l’objet.
  • Le transport osseux, utilisation consciente du réflexe de redressement, qui suit les lignes de force du squelette. Le poids confié au sol et au squelette, en position redressée, la musculature devient disponible pour le geste. Elle est la première et sans doute la seule à ce jour à avoir préconisé la stimulation et le ressenti des os dans leur forme et leur consistance pour uns posture et un mouvement économiques.

On retrouve toute sa sensibilité artistique dans la qualité de son enseignement. Elle était une créatrice et ne pouvait accepter un quelconque « dressage » du corps, ni des contraintes physiques abusives. Elle fut une des premières à s’intéresser au corps vécu, au corps sensible et à chercher comment éveiller cette sensibilité-là, qui est individuelle et ne peut être encouragée sans que soit pris le risque de l’expression individuelle. Une transmission, qui amène l’élève à se différencier de son enseignant n’était guère la préoccupation des artistes de l’époque. Pour elle si. Elle portait constamment cette question :

« Qu’est ce que la liberté dans le domaine du mouvement ? Existe-t-elle seulement ? »

Elle dit par exemple, se référant aux congrès internationaux de danse qui commençaient à se mettre en place dans les années vingt en Allemagne :

« Dans le hall de ces grands hôtels où étaient logés les artistes, j’étais frappée par le fait que je pouvais reconnaître à sa manière de marcher l’élève de tel ou tel professeur. Où était sa liberté, si son mouvement était à ce point imprégné des habitudes toniques de son enseignant ? »

La liberté du corps est-elle naturelle ? S’éduque-elle ? Comment intervenir en tant que professeur pour ne pas simplement laisser quelqu’un bouger, avec ses limitations, mais le mener vers davantage de liberté ? L’éducation corporelle pose directement ces questions, et Gerda Alexander s’y attelle alors très concrètement. Elle donne de l’importance au ressenti. Le mouvement s’ajuste de lui-même quand on peut sentir ce qu’on fait. Elle invite à une recherche personnelle de ce qui est juste. Juste pour soi. Tout en respectant et en allant vers les lois de l’anatomie osseuse. La personne sait, parce qu’elle en fait l’expérience. Ceci était complètement révolutionnaire entre les deux guerres dans le domaine du mouvement.

« Le pire de tout est l’imitation. » dit-elle. « Le mouvement humain n’est pas mécanique ».

Les exercices d’eutonie sont une invitation à l’expérience. Gerda Alexander appelait toutes les personnes à qui elle s’adressait, de l’enfant hospitalisé à l’étudiant en formation, ses élèves, non pour les infantiliser mais parce que son objectif était l’éducation de soi par soi, la recherche de l’autonomie par l’appropriation de sa propre expérience. Elle réunissait ces personnes en petits groupes, qu’elle préférait aux cours individuels, pour le partage d’expérience qu’ils permettent. L’autre perçoit différemment le même exercice, son vécu est différent et c’est une surprise. Il n’y a jamais de suggestion de ce qui est à percevoir.

Cette exigence la conduisit à trouver les mots qui donne le cadre précis d’un exercice sans préjuger des découvertes qui s’y feront, sans jamais nommer pour l’élève sa perception. Le mot, la consigne donnée doit permettre à chacun de trouver son chemin avec une grande objectivité dans le langage des sensations. En ceci sa pédagogie fait partie intégrante de l’eutonie.

Gerda Alexander était membre de la Société anthroposophique danoise. Il nous intéressera de savoir qu’elle participa au groupe de lecture de la Philosophie de la liberté avec le Dr Büchenbacher qui venait régulièrement à Copenhague. L’étude de ce livre nous permet de comprendre à quel point la concernait la nécessité de s’approprier sa propre pensée, pour en interroger les fondements, et l’adéquation aux actes posés. Elle renonça cependant à faire lire les livres de Rudolf Steiner à l’école d’eutonie (Théosophie, Philosophie de la liberté) quand une de ses collaboratrices lui fit remarquer que, n’étant pas elle même anthroposophe, elle se sentait gênée de devoir travailler ces ouvrages. Gerda Alexander accepta la réserve. Ce qui l’intéressait avant tout était l’expérience directe. « La vie spirituelle est libre », disait-elle, « je ne veux pas que mes élèves soient anthroposophes pour faire comme moi ». Elle n’était pas une intellectuelle mais une femme de volonté et d’action.

En remerciement pour ses travaux et pour son rôle dans l’action à laquelle elle participa pour sauver des juifs pendant la guerre, la reine lui offrit la nationalité danoise. Soutenue par cette dernière, elle put organiser en 1959 une première mondiale, un « Congrès international pour le mouvement », rassemblant médecins, artistes et enseignants autour de la relation au corps. Elle ferma l’école professionnelle de Copenhague en 1992 et retourna à Wuppertal, sa ville de naissance, où elle s’éteignit à l’âge de 86 ans.

Aujourd’hui l’eutonie Gerda Alexander † est répandue dans le monde. Elle connut un grand succès dans les années soixante dix, quatre-vingt en Europe et en Amérique du Sud. Il paraît nécessaire aujourd’hui de la resaisir et de la décrire dans l’époque actuelle, pour la situer dans un contexte qui a énormément évolué. Ou de trsè nombreuses pratiques voient le jour.

De très nombreuses pratiques professionnelles se sont inspiré de l’eutonie, ignorant souvent ce qu’elles doivent à Gerda Alexander. En effet celle-ci poussa jusqu’au bout son respect de la liberté de chacun :

« J’ai donné tout ce que j’ai pu à mes élèves, je leur fais confiance pour ce qui doit venir. Si l’eutonie n’est plus adaptée au monde, on trouvera autre chose, car le plus important, c’est de toujours rester en contact avec les réalités et profondément ancré dans les besoins de son temps. »

L’eutonie est une discipline simple dans sa pratique. Sa simplicité même révèle l’immense travail fait en amont par sa créatrice. Poursuivre son travail, c’est exercer l’eutonie, bien sur mais aussi se convaincre que « nous sommes un peu plus chaque jour ce corps sur lequel nous prenons appui. » Que nous ne sommes pas ailleurs.

Jessie Delage

Bibiographie :

  • Gerda Alexander. L’Eutonie. Sand. Paris 1996
  • Violetta de Gaimsa. Entretiens avec Gerda Alexander. Dervy Livres
  • Gunna Brieghel Muller. Eutonie et relaxation. Delachaux et Nestlé.
  • Jessie Delage. L’eutonie, pédagogie ou thérapeutique ? Sa naissance au XX° siècle et sa place dans la société contemporaine. DEA de l’EHESS.

24/03/2008

BIBLIOGRAPHIE

ALEXANDER Gerda,  Le corps retrouvé par l'Eutonie, Collection Le corps à vivre, Paris, Tchou, 1977.

 ALEXANDER Gerda, L'Eutonie. Un chemin de développement personnel par le corps, Paris, Tchou, 1996.

 BRIEGHEL-MULLER Gunna, Eutonie et relaxation, Lausanne, Delachaux et Niestlé, 1972, 3e ed. 1986.

 BRIEGHEL-MULLER Gunna et WINKLER Anne Marie, Pédagogie et thérapie Eutonie Gerda Alexander, Ed. Delachaux et Niestlé, Lausanne - Paris 1994.

 DIGELMANN Denise, L'eutonie de Gerda Alexander, Ed. du Scarabée, Paris, 1971.

 DULIEGE Dominique L'Eutonie Gerda Alexander, Meschers, Bernet-Danilo, Coll. Essentialis, 2002

 DRION Claudine et BOUTE Carine, Eutonie et pédagogie, ABEGA, Bruxelles, 2003.

 GAUMOND Marcel, Du corps à l'âme, Ed. Le Loup de Gouttière, Québec 1996.

 HEMSY de GAINZA Violetta, Entretiens sur l'Eutonie avec Gerda Alexander, Ed. Dervy, Paris, 1997.

 KJELLRUP Mariann Vivre en harmonie avec son corps par l?eutonie, St.Jean de Braye (Fr.), Dangles, Coll. Psycho-soma, 2002.

 MEUNIER - FROMENTI Jacqueline, Eutonie et pratiques corporelles pour tous, Ed. Le courrier du livre, Paris, 1989.

 WINDELS Jenny, Les enfants et l'eutonie, pédagogie et rééducation par le mouvement, Paris, Bernard Giovanangeli, 2002.

 Collectif : ABEGA, (Association Belge d'Eutonie Gerda Alexander), Le contact, compte-rendu des conférences de Bruxelles du 12 juin 1988.

 Collectif, ABEGA, (Association Belge d'Eutonie Gerda Alexander),
Le corps en psychothérapie - Possibilités et limites des approches non-verbales, ouvrage collectif, Louvain-la-Neuve, ABEGA, 1989
 

Collectif, Gerda Alexander : impulsion et impression, Ed. Hélène Roitinger, 2008.