14/03/2008

Eutonie dans la nature

         Dans l'éducation relative à l'environnement (ERE), l'approche sensorielle occupe une place importante[1], la nature y est découverte  de différentes manières.

 

 

     L'eutonie entre en résonance avec une de ces portes d'entrée, parce qu'elle invite chacun-e à prendre conscience de ses propres sensations tout en étant en contact avec l'environnement. J'ai la chance d'avoir pu intégrer des séances d'eutonie et des séances d'éducation relative à l'environnement, en collaborant avec des collègues spécialisés dans l'ERE.

 

        Nous avons pu sentir combien une leçon d'eutonie donne une ouverture aux activités dans la nature.  Le travail sur la plante des pieds avec la balle de tennis va par exemple permettre un nouveau rapport au sol dans la marche. L'activité qui suivra fera goûter différents types de sol. Deux par deux, un-e guidant l'autre les yeux bandés,  l'herbe, un sentier, du sable, une route, des petites pierres… Quelques consignes d'eutonie permettent d'établir un contact au travers de la chaussure et d'affiner les sensations. Pour repasser au toucher, toujours deux par deux la personne ayant les yeux bandés sera invitée à découvrir avec sa main différentes matières : écorce, sculpture en bronze, matériau en plastic, roches, herbe… Se raconter l'un-e à l'autre les sensations, sans a priori, cela permet aussi comme en eutonie de découvrir qu'il y a différentes manières de sentir; qu'il n'y a pas de modèle !    Une autre activité dans la nature pourra aussi être le prolongement d'un travail en eutonie sur les yeux. Découvrir l'environnement avec une "longue vue" (en fait un tuyau en plastic d'un cm de section) va isoler divers éléments du paysage : on passe ainsi d'une vue globale à une vue analytique, d'un élément isolé à l'ensemble dans lequel il se trouve. Ce type de découverte est en écho avec une des consignes en eutonie : sentir en même temps la globalité de son corps et une partie précise.

 

Quelques consignes d'eutonie peuvent ici inviter à rester dans un toucher au travers d'un regard qui ne se crispe pas et rappeler la conscience de l'arrière tête.Pour éveiller la sensation de la globalité de l'enveloppe de peau, nous pourrons profiter du vent, du soleil qui donnent des sensations différentes, qui frôlent la peau, avec des températures différentes … Dans la nature, mieux qu'en salle, l'odorat peur être sollicité… l'humus, les fleurs, l'herbe, ont des parfums contrastés. Et si ce sens trouve habituellement peu de place en eutonie, il peut amener des sensations intéressantes au niveau de la prise de conscience… et celles-ci peuvent trouver un prolongement en dégustant certaines plantes, une tisane en mariant ainsi le goût et l'odorat.Dans les activités d'éveil sensoriel, on est souvent amené à vivre des découvertes deux par deux ou en petit groupe.              

 

            

Des consignes d'eutonie peuvent aussi accompagner ces démarches pour permettre d'être dans un contact avec l'autre en intégrant le toucher, la conscience de sa propre enveloppe.Faire de l'eutonie dans la nature c'est possible, intégrer l'eutonie dans l'éducation relative à l'environnement (ERE), c'est une piste intéressante pour encourager une approche positive de soi-même et du respect de la nature.  

 

Claudine DRION, eutoniste  http://eutonie.skynetblogs.be/  

 

 

 

[1] Voir notamment :

• CORNELL Joseph, Les joies de la nature, Ed. Jouvence, Genève, 1995.

• DRION Claudine et BOUTE Carine, Eutonie et pédagogie, ABEGA, 2003.

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