15/03/2009

Dessiner dans l'espace

Dessiner dans l'espace pour délier les mouvements

Tous les conseils d'hygiène de vie insistent sur le mouvement et nous encouragent à bouger. Pour que ces mouvements soient bénéfiques aux articulations, pour allonger les muscles raccourcis, pour harmoniser les fonctions vitales, il s'agit de bouger en conscience, sans effort, avec un ancrage au sol et en "prolongeant". Les orientaux parlent de se relier au ciel et au centre de la terre. En eutonie, on donne la consigne de dessiner dans l'espace à partir d'un point du corps. D'autres gymnastiques hygiénistes proposent l'autograndissement ou d'imaginer que l'on porte un poids, etc.

 Fibres toniques

Ces invitations à prolonger le mouvement reposent sur la connaissance des différents types de fibres musculaires. Ce prolongement permet en effet de mobiliser les fibres toniques des muscles les plus rapprochés des os : les muscles de la posture. Les fibres toniques, qui entrent ainsi en action, consomment beaucoup d'oxygène – d'où l'importance de respirer profondément – mais permettent un travail musculaire sans fatigue. Les mouvements faits avec effort sont, quant à eux, produits par les fibres musculaires phasiques, davantage présentes dans les muscles superficiels, qui consomment beaucoup d'énergie, produisent davantage de toxines et provoquent plus vite de la fatigue.

 Imaginer un long pinceau

Pour s'habituer à mobiliser davantage les fibres toniques, dessiner dans l'espace est un moyen efficace. La consigne consiste à imaginer un long pinceau qui prolonge une partie du corps (coude, oreille, doigt, genou, talon, etc.) et à dessiner au loin avec ce long pinceau : sur les murs, au plafond,… Avant même que le corps n'entre en mouvement, des adaptations internes se produisent à partir du projet conscient ou inconscient de bouger, c'est le "positionnement directionnel". Ces adaptations peuvent être déclenchées consciemment par le "dessin". Les deux pieds bien ancrés dans le sol, l'intention du mouvement va être déclenchée à partir d'un point du corps. A partir de ce point de départ qui "dessine" dans l'espace, le reste du corps va suivre, il s'agit de laisser passer la conséquence de ce dessin dans tout le corps. Cela suppose une grande fluidité mentale et musculaire.

Harmoniser les fonctions vitales

Cette fluidité mentale et musculaire amène à retrouver une précision et une liberté à bouger. Cela délie les gestes et libère les articulations. Il n'y a pas de force, c'est l'intention de dessiner à partir d'un point précis qui entraîne le mouvement. Ces mouvements détendus permettent une équilibration du système nerveux autonome et une ouverture de la respiration ainsi qu'une harmonisation du tonus.

 Claudine Drion  Eutoniste eutonie.skynetblogs.be

 

 

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