25/11/2011

Eutonie et musicien-ne-s

L'eutonie peut s'adapter particulièrement aux demandes des musicien-ne-s.

Une association française développe une approche précise : par la prise de conscience du corps la pratique de l'eutonie apporte une bonne utilisation du corps pour remplacer la mauvaise qui l'aura malmené et qui ferait revenir les tensions et les douleurs. http://astragale.sante.officelive.com/aboutus.aspx

 N'hésitez pas à prendre contact pour une demande précise !

eutonie@skynet.be - 04 342 89 21

 

06/12/2009

Respirer dans le dos !

L'expression "respirer dans le dos" est une façon de dire que l'on peut sentir les répercussions des mouvements de la respiration à l'arrière de notre corps. Le diaphragme entre en action, les poumons se remplissent. Mais la mécanique de la respiration peut provoquer des mouvements à des endroits différents.

 

Avantages

 

Respirer dans le dos nous fait ressentir la respiration non plus seulement à la surface mais aussi en volume entre l’arrière et l’avant du tronc. Cette forme de respiration consciente complète et présente plusieurs avantages. Elle détend le dos en procurant des micro-mouvements aux articulations vertébrales, elle permet de d’étirer des zones précises de la musculature du dos. Dans un stress émotionnel ou dans une posture qui nous projette trop vers l’avant, respirer dans le dos nous aide à prendre du recul, à nous centrer. C'est enfin un entraînement à des respirations complètes qui s'ajoutent aux autres formes plus habituelles (abdominale et thoracique avant) et vont utiliser la totalité des poumons.

 

Concrètement

 

Il faut inspirez par le nez sans hausser les épaules, sans gonfler la poitrine devant et sans sortir le ventre.

 

  • Imaginons des ballons sur l'arrière de la cage thoracique et tentons de les gonfler à l'inspir; cela permet d'écarter la cage thoracique au niveau dorsal (au niveau soutien gorge, pour les femmes).
  • Nous pouvons nous entrainer en prenant une position qui comprime l'avant du corps (voir photo) et en mettant nos mains dans le dos, afin que les répercussions de la respiration s'y ressentent à l'arrière.
  • Allongeons-nous sur le dos avec une petite balle (de tennis ou en mousse) sous une omoplate ou dans le milieu du dos et sentons les effets de la respiration sur la sensation que provoque la pression de la balle.

 

Bien expirer et sentir que ça bouge !

 

L'insistance mise ici sur les sensations dans le dos ne doit pas nous faire oublier que l'expiration est capitale. Prenons bien le temps d'expirer, si possible plus longuement que pour inspirer. Puis, revenons à notre respiration spontanée, pour simplement l'observer consciemment. Sentir l'air qui entre et qui sort par nos narines, sentir à quels endroits "ça bouge": dans ventre, dans le bas du bassin, jusque dans le périnée, ou à la taille ou encore dans le haut ou dans le bas des côtes, à l'avant ou à l'arrière, au niveau du sternum, des clavicules ou des omoplates. Respirons avec des sensations conscientes !

 

Claudine Drion

Eutoniste

eutonie.skynetblogs.be

06/09/2009

Pour s'endormir

Un sommeil de qualité

 

 

S'endormir ou se rendormir au milieu de la nuit n'est pas chose aisée pour tout le monde : voici quelques pistes utiles. Avant de se coucher, il est conseillé de ne pas travailler ni jouer à l'ordinateur durant les deux heures qui précèdent. En effet, les tensions autant mentales qui musculaires que cette activité provoque ne sont guère favorables à l'endormissement.

 

Facteur de bien-être

 

Un sommeil de qualité est un facteur de bien-être important. Françoise Dolto disait que "dormir sert à se reposer de la fatigue de vivre". La médecine traditionnelle chinoise ainsi que le médecine traditionnelle indienne, l'Ayurveda, mettent en évidence l'équilibration de nos systèmes internes (digestif, respiratoire, cardiaque, énergétique, etc.) durant le sommeil.

 

Sentir la détente

 

Une fois au lit, cherchons comment nous mettre dans les meilleures conditions. Pour les températures : la tête au frais, grâce à la fenêtre ouverte, et une bouillotte pour maintenir les pieds au chaud; ce qui provoque la détente. Prenons le temps de sentir comment notre corps se dépose sur le lit; cherchons à prendre conscience du toucher des draps sur notre peau. Roulons très lentement les jambes vers l'intérieur puis vers l'extérieur, puis faisons de même avec les bras. Ces micro-mouvements nous permettent de sentir la peau glisser. Nous pouvons aussi nous faire bâiller en ouvrant grand la bouche, en faisant des grimaces, en tirant la langue très loin vers l'avant. Mettons ensuite notre attention sur notre ventre au fil de la respiration. Sentons le poids de la couverture, le mouvement des draps qui se soulèvent.

 

La journée à l'envers

 

Voici un exercice de concentration qui procure en même temps une détente apte à provoquer l'endormissement. Nous revoyons ce qui s'est passé avant de nous coucher et nous remontons  ainsi le fil de la journée jusqu'au matin. Sans se fixer autour d'un moment particulier, nous laissons revenir en mémoire les événements dans l'ordre inversé.

 

Programmer son réveil

 

Démarrer la journée de façon positive commence par des étirements et des bâillements. Puis, au sortir du lit mettons nous en action pour le projet prévu et pour lequel nous avons préparé quelques éléments la veille. Par exemple, les chaussures de jogging, le gant pour vous frotter la peau, le bol pour démarrer la journée avec une tasse d'eau chaude… Le matin, la volonté prend parfois un peu de retard sur le lever : il vaut mieux avoir programmé ce que nous avons l'intention de faire pour nous aider à démarrer. Quel que soit l'activité, n'oublions pas de nous étirer et de bouger consciemment pour profiter d'une journée tonique et détendue.

 

Claudine Drion

Eutoniste eutonie.skynetblogs.be

01/07/2009

Conscience corporelle

L'eutonie est une méthode qui permet d'exercer sa conscience. Il ne suffit pas de sentir mais d'avoir conscience que l'on sent.

 

CONCENTRATION ET DECENTRATION

Ceci n'est pas un jeu sur les mots : la démarche congnitive qui consiste à prendre conscience de ses sensations est riche en conséquences. Elle nous décentre de nous même et permet aux mécanismes d'autorégulation de notre corps d'entrer en action.

L'eutonie développe en même temps la capacité d'être en contact avec l'environnement et cela permet également d'exercer une concscience décentrée.

 

 

15/03/2009

Tout est dans l'os !

 

Tout est dans l'os !

Les habitué-es de cette chronique auront déjà remarqué l'importance qui y accordée à la conscience osseuse. Non pas que les os aient une conscience… mais, nous pouvons développer la sensation consciente de nos os. Voici quelques pistes.

 Tapoter

Par le tapotement, il est possible de sentir une vibration se transmettre dans un os précis. A l'aide d'un marron, d'un bambou ou d'un petit bout de bois, nous allons tapoter sur un os (le sternum, le radius, le tibia…) et sentir la résonance dans la longueur et l'épaisseur. Prendre ainsi conscience de l'os, puis sentir que la vibration se transmet plus loin, vers un autre os, au travers d'une articulation. Nous pouvons aussi tapoter sur chacune des côtes d'un même coté et essayer de sentir ce qui se transmet jusqu'à la colonne vertébrale. Puis nous comparons les deux côtés de notre cage thoracique pour tenter de discerner des différences avant de procéder aux tapotements de l'autre côté.

Se déposer sur un bambou

Couché-e par terre, déposer par exemple le l'arrière de la jambe, ou la tête, ou le bassin (voir dessins) le sur une balle de tennis ou un bambou. Laissons le poids de notre corps faire son travail. Acceptons de sentir l'objet qui s'enfonce dans la peau, le muscle jusqu'à entrer en contact avec l'os au travers des tissus mous. Tentons d'identifier les sensations, de les distinguer.

Ces deux manières de chercher nos os peuvent s'exercer sur l'importe quelle partie du corps à condition de ne pas se faire mal. La douleur serait en effet contreproductive car elle entraînerait des crispations musculaires.

 A quoi sert de sentir ses os ?

La conscience de l'os renforce un sentiment de puissance intérieure, elle permet de relâcher les muscles qui s'y attachent et de donner accès à une détente profonde. Les os nous portent, ou plutôt, nous nous portons par les os. Si ceux-ci sont bien alignés, les articulations ne sont pas mises à l'épreuve;le maintien se fait "naturellement", sans effort grâce au le réflexe de redressement.

 A la recherche de la forme et du volume des os

Gerda Alexander, la fondatrice de l'eutonie, a construit la plus grande partie de son approche sur cette conscience des os. Pendant les années qui ont suivi sa maladie, elle a élaboré, pour sa propre survie, une méthode de mouvement faisant appel aux réflexes posturaux, à l’effort sans surmenage, à la régulation du tonus musculaire. La conscience de l'os se produit en affinant diverses sensibilités : épaisseurs, volumes, surfaces planes, creux, périoste, liens entre les os via les articulations, dans une attitude quasi méditative de sa propre structure osseuse.

Le transport osseux

Le « transport » est défini par G.Alexander comme l’utilisation consciente du réflexe de redressement et des lois de la pesanteur à travers le corps. L’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os, facilite la mobilité. La conscience des os et les exercices de « repoussé » (qui incluent la capacité de la détente de la musculature volontaire) permettent le libre jeu des réflexes toniques, facteurs de la disponibilité posturale et générateurs de puissance dans l’économie.

 

Claudine Drion  Eutoniste G.A. ® eutonie.skynetblogs.be

 

 

 

Dessiner dans l'espace

Dessiner dans l'espace pour délier les mouvements

Tous les conseils d'hygiène de vie insistent sur le mouvement et nous encouragent à bouger. Pour que ces mouvements soient bénéfiques aux articulations, pour allonger les muscles raccourcis, pour harmoniser les fonctions vitales, il s'agit de bouger en conscience, sans effort, avec un ancrage au sol et en "prolongeant". Les orientaux parlent de se relier au ciel et au centre de la terre. En eutonie, on donne la consigne de dessiner dans l'espace à partir d'un point du corps. D'autres gymnastiques hygiénistes proposent l'autograndissement ou d'imaginer que l'on porte un poids, etc.

 Fibres toniques

Ces invitations à prolonger le mouvement reposent sur la connaissance des différents types de fibres musculaires. Ce prolongement permet en effet de mobiliser les fibres toniques des muscles les plus rapprochés des os : les muscles de la posture. Les fibres toniques, qui entrent ainsi en action, consomment beaucoup d'oxygène – d'où l'importance de respirer profondément – mais permettent un travail musculaire sans fatigue. Les mouvements faits avec effort sont, quant à eux, produits par les fibres musculaires phasiques, davantage présentes dans les muscles superficiels, qui consomment beaucoup d'énergie, produisent davantage de toxines et provoquent plus vite de la fatigue.

 Imaginer un long pinceau

Pour s'habituer à mobiliser davantage les fibres toniques, dessiner dans l'espace est un moyen efficace. La consigne consiste à imaginer un long pinceau qui prolonge une partie du corps (coude, oreille, doigt, genou, talon, etc.) et à dessiner au loin avec ce long pinceau : sur les murs, au plafond,… Avant même que le corps n'entre en mouvement, des adaptations internes se produisent à partir du projet conscient ou inconscient de bouger, c'est le "positionnement directionnel". Ces adaptations peuvent être déclenchées consciemment par le "dessin". Les deux pieds bien ancrés dans le sol, l'intention du mouvement va être déclenchée à partir d'un point du corps. A partir de ce point de départ qui "dessine" dans l'espace, le reste du corps va suivre, il s'agit de laisser passer la conséquence de ce dessin dans tout le corps. Cela suppose une grande fluidité mentale et musculaire.

Harmoniser les fonctions vitales

Cette fluidité mentale et musculaire amène à retrouver une précision et une liberté à bouger. Cela délie les gestes et libère les articulations. Il n'y a pas de force, c'est l'intention de dessiner à partir d'un point précis qui entraîne le mouvement. Ces mouvements détendus permettent une équilibration du système nerveux autonome et une ouverture de la respiration ainsi qu'une harmonisation du tonus.

 Claudine Drion  Eutoniste eutonie.skynetblogs.be

 

 

03/01/2009

Diaphragme et respiration

Un diaphragme conscient

 

Le bien-être est un principe actif qui demande de la rigueur, c’est pourquoi il est utile de s'exercer dans la respiration. Le fait d’être conscient-e de notre respiration développe une vigilance qui nous permet d’être dans un mode d’observation des autres et de soi, pour ne pas tomber dans le schéma des autres ou se prendre à ses propres pièges.

 

L'impression d'avoir une respiration limitée ? Mal entre les côtes ? Un pincement sous le sternum, le plexus solaire noué… Une des causes possibles de ces douleurs est un muscle, le diaphragme, prompt à se contracturer et capable de faire durer des émotions désagréables en demeurant crispé.[1] Puisque c’est un muscle, il doit être possible de le détendre ! Vivre en ayant une plus claire conscience de son diaphragme est une opportunité de se détendre, de s'oxygéner, de profiter d'un massage interne des organes digestifs; bref un plus de vie. Le diaphragme est un muscle en forme de parachute, à la foi très fin et puissant; son mouvement de va-et-vient permet de faire ressentir les moments de remplissage puis de vidage d'air au niveau thoracique et abdominal.

 

D'abord expirer

 

Expirer, c’est abaisser le sternum, les clavicules, les côtes et aplatir le ventre. Inspirer, c’est détendre le ventre, élargir le tour des côtes et expanser la surface du dos et toute la cage thoracique. Pour bien respirer, il importe d'abord de bien expirer. C'est contraire à beaucoup de nos habitudes (et la connotation du mot expirer nous conditionne, évidemment). Quand on nous demande de bien respirer, la plupart d'entre nous commencent par prendre une grande inspiration. Or, pour pouvoir bien se "remplir d'air" il faut d'abord avoir fait le vide! La technique s'acquiert avec un peu de patience. Commençons pas prendre conscience de notre cage thoracique et notre abdomen en tapotant, sur les côtes, les clavicules, le bassin et en frottant légèrement la peau. En cherchant à sentir aussi les omoplates, les côtes et le bassin à l'arrière. En position assise, on veillera à bien sentir l'appui des ischions.

 

Pour bien expirer nous allons utiliser nos mains pour abaisser les côtes et le sternum (avec l'habitude nous y arriverons sans les mains, en utilisant nos muscles); puis nous rentrerons le ventre grâce aux abdominaux et enfin nous serrerons le périnée. Puis, relâcher le tout et l'inspiration (par le nez) se fait tout naturellement, sans effort. Une première fois, ces trois étapes semblent un peu compliquées à faire successivement. Mais avec le temps, on s'habitue à ces sensations. On sent les étapes se faire et on a le plaisir de sentir l'inspiration venir spontanément. Dans la détente, on peut prendre conscience des os qui entrent en mouvement : le sternum qui bouge, les côtes qui bougent, le bassin qui bouge.

 

Cohérence cardiaque

 

Le concept de cohérence cardiaque est issu des neurosciences et de la neuro-cardiologie. Le cœur entretien une relation privilégiée avec notre cerveau limbique qui contrôle notre équilibre physiologique. Cet équilibre provient du système nerveux autonome où se conjuguent le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Le premier, est associé aux réactions de « combat et de fuite » et une accélération du rythme cardiaque. Le parasympathique est quant à lui associé aux réactions de calme et de relaxation, apaisant les battements cardiaques. L'état cohérent du rythme cardiaque se manifeste par un état ordonné lorsque nous ressentons des émotions positives, telles que le bien-être, la compassion ou la reconnaissance… Pour retrouver cet état, il est conseillé de pratiquer 3 minutes. Pratiquement, il s'agit de se concentrer pour faire18 fois le cycle : inspiration de 5 secondes et expiration de 5 secondes.

 

Marche afghane

 

Allier mouvement, conscience du diaphragme et cohérence cardiaque est possible dans la marche. Ce qui est aujourd'hui mis sous l'appellation "marche afghane" correspond bien à cet exercice. Cela permet un apaisement cardiaque, repos du cœur et une oxygénation intense. Voici deux séquences que l'on peut enchaîner dans la marche en comptant mentalement.

  • 3/1- 3/1 : inspirer par le nez sur les 3 premiers pas, garder l’air dans les poumons au 4ème pas (apnée à poumons pleins), expirer immédiatement après sur les 3 pas suivants (toujours par le nez), rester poumons vides d’air sur le dernier pas (apnée à poumons vides) et recommencer le cycle de la même façon, aussi longtemps que l’on se sent à l’aise.  Ce rythme peut être maintenu sans inconvénient sur une distance importante, et même pendant une randonnée.
  • 4/4/2 : la seconde séquence peut se pratiquer ensuite : inspirer sur 4 pas,expirer aussitôt après sur 4 pas suivants, rester poumons vides d’air sur 2 pas. Vous trouverez encore d'autres séquences pour progresser dans cette forme de "marche consciente" en cherchant sur internet.

 Le chant et les bâillements  

Chanter est aussi un excellent exercice pour le diaphragme et la respiration consciente. Le chant fait respirer.

 Dans tous ces exercices, des bâillements risquent de se produire – et c'est tant mieux - : cela permet une meilleure oxygénation, et provoque des étirements des muscles du cou et de la cage thoracique tout en permettant au diaphragme de se détendre. Respirez et bâillez bien !

 

Claudine Drion

Eutoniste  eutonie.skynetblogs.be



[1] Le site d'une professeure de yoga www.yvetteclouet.fr/ explicite les dimensions physiologiques du travail sur le diaphragme.

01/10/2008

Bouger, s'étirer, bâiller

Durant les mois froids, on a tendance à se recroqueviller : c’est le signe d’un besoin physiologique de repos (qui se manifeste chez certains mammifères par l’hibernation !). Tout en étant à l’écoute de ce besoin, notre bien-être réclame d’éliminer les toxines et de « huiler » nos articulations. Soyons vigilant-es à bien bouger, même en hiver. Voici trois pistes à vivre en étant bien conscient-es de ses sensations.

  

  1. Bouger

Le mouvement est une des caractéristiques de la vie, mais aujourd'hui, le mode de vie de beaucoup d'entre nous comporte de nombreuses heures en posture assise. Que faire ? Comme nous l'avons décrit dans la fiche Bien-être n°1 : se coucher sur le dos et prendre les genoux dans les mains pour étirer la colonne vertébrale. "Dessiner" sur les murs, au plafond avec un coude, ou un genou, une oreille … imaginer que l'on a un pinceau qui prolonge ce segment du corps et dessiner au loin, prolonger dans l'espace. Laisser cette partie du corps entraîner le reste du corps à suivre le mouvement et retrouver une liberté de bouger. Dans le mouvement l'ancrage des pieds est très important : il s'agit de garder conscience du sol et ainsi de descendre son centre de gravité. La danse libre marie ces deux attitudes : bien ancrés dans le sol, nous pouvons nous élancer dans toutes les directions.

 

  1. S’étirer

Dans la même perspective, les étirements sont essentiels. Mais comment ? Différentes variantes sont à explorer pour ne pas répéter les mêmes séquences et se préserver l’esprit de découverte qui aiguise nos sens. On peut ainsi s'étirer en diagonale (jambe gauche et bras droit en même temps puis vice versa). On peut également varier l'intensité car nous avons tendance à aller avec force dans l'étirement. Si cet étirement maximal est 100%, essayons ensuite de nous étirer à 75% puis à 50%, voire 10%. L'idée ici est de faire les choses en finesse.

Et prendre le temps de sentir ce qui se passe après l'étirement : comment le corps reprend sa forme dans la détente. Il est aussi possible de s'étirer sans bouger, juste en ayant l'intention du mouvement. Debout, les deux pieds bien ancrés, un bras levé et un bras abaissé, s'imaginer, sans bouger, repoussant le plafond d'un côté et le plancher de l'autre. Prendre le temps de sentir ce que cela provoque dans le bras, dans la jambe et dans la connexion entre les deux.

 

  1. Bâiller

Les étirements vont presque systématiquement provoquer des bâillements; de même que le fait de se relaxer. Bâiller est un réflexe, mais il peut aussi être provoqué. Voici la recette pour se faire bâiller : ouvrir grand la bouche, écarquiller les yeux, tirer la langue; au besoin grimacer à souhait. Une fois le bâillement déclenché, profiter amplement du mouvement d'étirement musculaire généralisé des muscles respiratoires (diaphragme, intercostaux, scalènes) ainsi que des muscles de la face et du cou. Cet étirement est bénéfique et permet d'expirer en profondeur. Dans nos sociétés, la bienséance considère le bâillement comme un manque de savoir vivre. Voici un préjugé que nous pourrions faire mentir en partageant des moments de bâillements et d'étirements dans les lieux publics !

 A quel moment ?

Ces trois attitudes peuvent être pratiquées à n'importe quel moment mais tout spécialement le matin au saut du lit pour "huiler" les articulations. Bouger, s'étirer, bâiller est aussi très recommandé après un long moment d'immobilité (un trajet, du travail sur PC,…). Le mouvement exercé consciemment développe le sens articulaire et délie la motricité. Les étirements font éprouver en complément, dans un mélange de solidité et de souplesse, les structures du corps qui nous relient.

Claudine Drion, eutoniste GA ®

eutonie.skynetblogs.be

 

 

 

14/03/2008

Eutonie dans la nature

         Dans l'éducation relative à l'environnement (ERE), l'approche sensorielle occupe une place importante[1], la nature y est découverte  de différentes manières.

 

 

     L'eutonie entre en résonance avec une de ces portes d'entrée, parce qu'elle invite chacun-e à prendre conscience de ses propres sensations tout en étant en contact avec l'environnement. J'ai la chance d'avoir pu intégrer des séances d'eutonie et des séances d'éducation relative à l'environnement, en collaborant avec des collègues spécialisés dans l'ERE.

 

        Nous avons pu sentir combien une leçon d'eutonie donne une ouverture aux activités dans la nature.  Le travail sur la plante des pieds avec la balle de tennis va par exemple permettre un nouveau rapport au sol dans la marche. L'activité qui suivra fera goûter différents types de sol. Deux par deux, un-e guidant l'autre les yeux bandés,  l'herbe, un sentier, du sable, une route, des petites pierres… Quelques consignes d'eutonie permettent d'établir un contact au travers de la chaussure et d'affiner les sensations. Pour repasser au toucher, toujours deux par deux la personne ayant les yeux bandés sera invitée à découvrir avec sa main différentes matières : écorce, sculpture en bronze, matériau en plastic, roches, herbe… Se raconter l'un-e à l'autre les sensations, sans a priori, cela permet aussi comme en eutonie de découvrir qu'il y a différentes manières de sentir; qu'il n'y a pas de modèle !    Une autre activité dans la nature pourra aussi être le prolongement d'un travail en eutonie sur les yeux. Découvrir l'environnement avec une "longue vue" (en fait un tuyau en plastic d'un cm de section) va isoler divers éléments du paysage : on passe ainsi d'une vue globale à une vue analytique, d'un élément isolé à l'ensemble dans lequel il se trouve. Ce type de découverte est en écho avec une des consignes en eutonie : sentir en même temps la globalité de son corps et une partie précise.

 

Quelques consignes d'eutonie peuvent ici inviter à rester dans un toucher au travers d'un regard qui ne se crispe pas et rappeler la conscience de l'arrière tête.Pour éveiller la sensation de la globalité de l'enveloppe de peau, nous pourrons profiter du vent, du soleil qui donnent des sensations différentes, qui frôlent la peau, avec des températures différentes … Dans la nature, mieux qu'en salle, l'odorat peur être sollicité… l'humus, les fleurs, l'herbe, ont des parfums contrastés. Et si ce sens trouve habituellement peu de place en eutonie, il peut amener des sensations intéressantes au niveau de la prise de conscience… et celles-ci peuvent trouver un prolongement en dégustant certaines plantes, une tisane en mariant ainsi le goût et l'odorat.Dans les activités d'éveil sensoriel, on est souvent amené à vivre des découvertes deux par deux ou en petit groupe.              

 

            

Des consignes d'eutonie peuvent aussi accompagner ces démarches pour permettre d'être dans un contact avec l'autre en intégrant le toucher, la conscience de sa propre enveloppe.Faire de l'eutonie dans la nature c'est possible, intégrer l'eutonie dans l'éducation relative à l'environnement (ERE), c'est une piste intéressante pour encourager une approche positive de soi-même et du respect de la nature.  

 

Claudine DRION, eutoniste  http://eutonie.skynetblogs.be/  

 

 

 

[1] Voir notamment :

• CORNELL Joseph, Les joies de la nature, Ed. Jouvence, Genève, 1995.

• DRION Claudine et BOUTE Carine, Eutonie et pédagogie, ABEGA, 2003.

08/04/2007

Devant l'ordinateur, l'eutonie

Devant l'ordinateur, quid de l'eutonie ? 

 

   Claudine DRION, eutoniste G.A. ®, http://eutonie.skynetblogs.be/  

 Cela fait trois heures que j'encode des adresses; je fais de la mise en page depuis ce matin sans m'arrêter; je tape mon mémoire toute la journée, mes enfants restent sur le tchatt des heures durant…  Et, j'ai mal en haut de l'omoplate droite, ma vue baisse, j'ai des migraines, mon dos est douloureux, je digère mal…Que faire ? Le nombre d'heures que certain-es d'entre nous passent devant leur ordinateur augmente. Nous sommes captivé-es par l'écran, comme happé-es par ce que nous faisons, et nous ne sentons pas la crispation qui prend naissance ni la position qui nous comprime l'estomac, la nuque… Que faire pour retrouver mobilité et bien être ? Voici quelques pistes que chacun-e peut s'approprier.  

1-    S'étirer.  Je m'assieds… mais avant ?  Prendre le temps quelques secondes pour l'étirer, bailler, bouger…  

2-    Sentir ses appuis. Je prends conscience de mes pieds sur le sol, je repousse légèrement dans le sol dans plusieurs directions et je sens le mouvement qui se transmet au travers des genoux, des hanches, jusqu'à… Je prends conscience de mes ischions sur la chaise (mais sur quel type de chaise ou de fauteuil suis-je assis-e ?) et je cherche à repousser légèrement vers le sol au travers du support, je sens jusqu'où la réaction se transmet.   

3-    Sentir les os de la main. Avant de pianoter sur le clavier, je sens le repousser possible que ma main peut produire, en contact avec le bureau, au niveau du poignet, des doigts… et je sens jusqu'à l'épaule (ou plus loin) ce que ça provoque. Je ne me crispe pas sur la souris.  

4-    Dessiner de temps en temps avec les coudes dans un prolongement vers les murs pour aller à la recherche de la connexion qui existent entre eux via les omoplates.   

5-      Attention aux yeux ! Regarder de longs moments un écran est nocif pourles yeux, les muscles oculaires restant quasi immobiles. Régulièrement je regarde ailleurs, à gauche, à droite, le mur en face à 2 mètres et puis au loin par la fenêtre à 10 ou 50 mètres, mon regard balaye le paysage.  

6-    Et je travaille maximum 50 minutes d'affilée; il me faut m'arrêterrégulièrement pour ressentir à nouveau que je suis un corps. 

7-    Retrouver les sensations de la peau, le toucher avec les matières. Je glisse les omoplates sur le dossier de la chaise, je cherche à éveiller la globalité de l'enveloppe de peau de tout mon corps. Je me lève, je marche un peu, je sens le frottement de mes vêtements…  

8-    Quelques pas pour s'étirer à nouveau… sentir le repousser dans le sol à partir des pieds qui se déroulent. Je peux aussi me coucher sur le sol, genoux dans les mains pour imprimer des petites vibrations dans mes jambes ou dérouler la colonne sur le sol, jambes fléchies en repoussant à partir des pieds.   

9-    Rechercher la sensation de la globalité du corps, des pieds à la tête ; sentir l’enveloppe de peau, mes vêtements qui le couvrent et qui, en glissant éveillent, stimulent.  

10- Et bailler, s'étirer avant de retourner devant le clavier !   

 

Par ailleurs, la réflexion sur le type d'informations que l'on trouve sur le net est très importante, tout n'est pas y prendre au pied de la lettre, l'esprit critique reste indispensable. Mais ceci demanderait un autre article !   Cela prend quelques minutes mais, à terme, quelle économie de temps et d'argent si l'on pense aux hernies discales évitées, aux sciatiques et autres nécroses qui auraient pu nous faire souffrir, nous immobiliser et nous faire regretter de ne pas avoir fait d'eutonie.