17/06/2017

Eutonie, le corps en pleine conscience

 

L'eutonie, fondée par Gerda Alexander, est une pédagogie corporelle. Chacun-e y apprend son propre mode d'être à partir de la connaissance sensorielle que l'on peut découvrir chaque jour un peu plus.

Pleine conscience corporelle : prendre conscience de comment nous nos sentons ici et maintenant.

L'eutonie permet d'apprendre à développer cette dimension. Elle permet de désactiver le mode de connaître par la pensée pour passer au connaître par le corps. Elle nous permet d'exercer la sensation de notre vitalité. Celle-ci nécessite en effet d'être entrainée.

Le corps en pleine conscience

 

Claudine Drion

 

03/11/2016

Formation professionnelle en eutonie (3 ans)

Une formation passionnante pour tous les jeunes et moins jeunes du monde artistique, de l'éducation, de la santé et du sport ! 

Métier d'avenir dans les maisons de repos, dans les écoles, au sein des PMS et autres centres de fitness, dans le secteur paramédical, la danse et les activités sportives où le mouvement économique ajoute à la performance, mais aussi à titre purement de développement personnel... L'Eutonie peut vous apporter une meilleure conscience de soi à travers le fonctionnement corporel. 

La formation est donnée par Benoit Istace avec Claudine Drion, Christianne Istace-Mélot,  et d'autres intervenant-es.

Plus d'info :

http://www.istace.com/formation.htm

 

 

26/03/2010

Exercice exigeant et vivre ensemble

Le bien-être est devenu un marché qui flatte le nombrilisme et devient dangereux à force d'être prescripteur d'une norme à laquelle nous devons nous référer.

Trop souvent, des propos aguicheurs proposent sérénité et bonheur en quelques séa,ces (quand ce n'est pas en 20 minutes !).

La plupart des techniques sérieuses sont issues de traditions millénaires et demandent un engagement personnel qui n'a rien à voir avec une consommation d'actes pseudo-thérapeutiques.

De plus, ces traditions et les techniques et approches sérieuses qui en découlent invitent toujours au contact avec les autres humains et avec l'environnement pour y donner de la bienveillance et de la compassion.

Hé oui, le bien être est un exercice régulier et une compassion; pas un bien consommable que l'on peut se procurer en payant.

Non pas un ascétisme : l'hédonisme montre qu'il intègre aussi l'engagement sérieux et le vivre ensemble.

 

05/02/2010

Eutonie, sensation, conscience

L'eutonie, fondée par Gerda Alexander, est une pédagogie corporelle. Chacun-e y apprend son propre mode d'être à partir de la connaissance sensorielle que l'on peut découvrir chaque jour un peu plus. Pleine conscience corporelle : prendre conscience de comment nous nos sentons ici et maintenant. L'eutonie permet d'apprendre à développer cette dimension. Elle permet de désactiver le mode de connaître par la pensée pour passer au connaître par le corps. Elle nous permet d'exercer la sensation de notre vitalité. Celle-ci nécessite en effet d'être entrainée. Claudine Drion Eutoniste   mail : eutonie@skynet.be

Réflexe de redressement, transport

Pour Gerda Alexander, le "transport " est la sensation - et l'utilisation - consciente du réflexe de redressement (1).

L’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os, facilite la mobilité. La conscience des os et les exercices de « repousser » (qui incluent la capacité de la détente de la musculature volontaire) permettent le libre jeu des réflexes toniques, facteurs de la disponibilité posturale et générateurs de puissance dans l’économie.

 

(1)  Le réflexe myotatique de redressement : le poids du corps tend à fléchir les articulations et par conséquent à étirer les muscles extenseurs. Les réactions myotatiques consécutives à cet étirement s'opposent à la pesanteur et permettent le maintien de la station debout notamment.

 

 

02/12/2009

Pleine conscience sensorielle

Nos 5 sens nous permettent de connaitre : sentir, voir, toucher, entendre, goûter.

Ajoutons la proprioception - intéroception qui nous permet de prendre conscience de comment nous nos sentons ici et maintenant.

L'eutonie permet d'apprendre à développer cette dimension. Elle permet de désactiver le mode de connaître par la pensée pour passer au connaître par le corps. Elle nous permet d'exercer la sensation de notre vitalité. Celle-ci nécessite en effet d'être entrainée.

06/09/2009

Enracinement

Le travail sur le repousser que propose l'eutonie permet le lâcher prise dans le hara grâce à l'aptitude que l'on (re)trouve à se redresser sans utiliser les fibres musculaires volontaires en mobilisant la fonction tonique des muscles. L'enracinement, la présence dans le hara/tandien font partie du travail que l'eutonie propose ; c'est une technique qui peut mener qui le souhaite à un chemin d'approfondissement de la vie intérieure.

15/03/2009

Phrases d'eutonie

 

Au coeur de l'eutonie : la conscience de l'os comme cheminement vers être ici et maintenant.

 

Mieux vaut suivre sa propre ligne de vie imparfaite que celle parfaite du voisin. 

EUTONIE : tonicité (tension musculaire) harmonieusement équilibrée et en adaptation constante, en rapport juste avec la situation ou l'action à vivre.

 Dans la pratique de l'Eutonie , il est convenu quel'activitécorporelle ne doit répondre à aucun critèrenormatif : il n'y a pas de modèle.

 

"Soyez généreux mais sans violence vis-à-vis de vous-mêmes. Vous avez toute liberté, mais aussi la responsabilité de faire des choix qui prennent en compte l'ensemble de vos possibilités et qui respectent vos limites. " www.eutonie-gerda-alexander.be

 

 

L’observation en Eutonie est l’attitude qui conduit à prendre conscience aussi bien des régions détendues, des sensations agréables, que des tensions, des points meurtris ou douloureux.

 

 « Le corps humain semble posséder une tendance ordonnatrice qui collabore à remettre instantanément tout à sa place dès qu’on lui en donne la moindre possibilité. » Lily ERHENFRIED (1896-1995).

 « Ce qu’il faut c’est apprendre un peu plus chaque jour que l’on est ce corps sur lequel on peut prendre appui »Gerda ALEXANDER  (1908-1994)

 

L'Eutonie vise à développer une conscience de plus en plus fine de son propre corps pour en dégager des attitudes et des mouvements avec un tonus juste, mieux adaptés aux différentes situations de la vie.

En Eutonie, une détente profonde est obtenue par le développement d'une passivité consciente en même temps qu'une concentration intense.

Le travail en Eutonie aboutit aussi à une mise en phase avec son environnement : le « Contact » permet non seulement d'être mieux avec soi-même, mais aussi mieux avec les autres.

Enracinement : le travail sur le repousser que propose l'eutonie permet le lâcher prise dans le hara grâce à l'aptitude que l'on (re)trouve à se redresser sans utiliser les fibres musculaires volontaires.

 

07/10/2008

Orient et Occident

Approches d'Orient et approches contemporaines créées pas des Occidentaux 

Nos corps se façonnent peu à peu au gré des contraintes de la vie moderne, dans des attitudes qui se figent trop souvent et deviennent douloureuses et inefficaces. Pour y remédier, nous avons à (ré)apprendre à bouger et à sentir; plusieurs approches venues des traditions de l'Orient ainsi que des pédagogies corporelles occidentales, telle que l'eutonie, présentent des points communs.

 Détente et énergies

 Se détendre aide à laisser les autorégulations du corps opérer. L'énergie serait le mot pour désigner la complexité des relations entre les composantes physiologiques, psychiques et informationnelles de l'être humain en particulier et de la vie en général. Des exercices pour libérer les tensions musculaires peuvent contribuer efficacement à laisser circuler cette énergie en nous et à travers nous : ils agissent à la fois sur le corps, par le mouvement, en le déliant, et sur notre attention qui se focalise et s’autorégule dans l'ici et maintenant. La circulation des énergies est un des fondements d'écoles du mouvement qui considèrent l'être humain dans sa totalité comme le yoga, les exercices taoïstes et le qigong ainsi que des arts martiaux internes que sont le taichi et l'aïkido.

 Enracinement et hara

Des approches d'éducation somatique comme l'eutonie, l'antigymnastique ou la méthode Feldenkrais se basent sur une pédagogie qui vise la conscience de la sensation du mouvement, des os, de la peau et des espaces intérieurs. Ainsi le travail sur le repousser est l’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os. Sentir ses membres qui repoussent le sol ou un mur, par exemple - permet le lâcher prise dans le hara grâce à l'aptitude que l'on (re)trouve à se redresser sans utiliser les fibres musculaires volontaires en mobilisant la fonction tonique des muscles. La conscience du redressement réflexe du corps – que l'eutonie appelle le transport - peut éliminer les crispations du bassin et du dos et rendre plus mobiles les épaules, les bras et les avant-bras, les mains et les doigts.

Conscience et autorégulation

La conscience que les pratiquants de ces approches du mouvement développe leur permet de s'observer dans le mouvement, d'apprendre à sentir. Cette conscience de ce qui se passe ici et maintenant permet l'équilibration du système nerveux autonome dans ses deux versants orthosympathique et parasympatique. Observer de très subtiles sensations et mouvements d'os et de peau, de muscles et d'organes constitue un entraînement qui amène à un état de calme intérieur qui permet au corps d'activer les phénomènes d'autorégulation, voire de guérison.

Contact et prolongement

Cette conscience corporelle permet aussi de s'ouvrir à l'environnement, de prolonger les mouvements. Le contact conscient développe la présence à la relation avec le sol, les objets, l’espace et, à travers eux, les autres personnes. Il inclut toutes les capacités d’adaptation à la relation et permet l’élaboration du mouvement le plus juste. Le manque de contact est une cause fréquente d’accidents. Sa gestion nécessite l’approfondissement de la conscience de soi, de ses limites corporelles et de son rapport au sol. Cet apprentissage du prolongement se fait en arts martiaux avec des bâtons ou une épée par exemple; d'autres pédagogies, comme l'eutonie, utilisent des objets comme des balles de tennis, des bambous, des marrons pour apprendre à sentir à travers eux, à entrer en contact avec l'environnement.

Désapprendre pour retrouver le mouvement spontané

Quand un enfant apprend à marcher, c'est son corps qui trouve comment ça marche : il ne sait pas comment ça fonctionne, quels jeux de forces et de leviers entrent en action. Comme adultes, nous avons à désapprendre certaines des attitudes figées ou stéréotypées qui se sont peu à peu installées. Il ne sert à rien de vouloir : on ne peut pas « fabriquer » la détente ou le mouvement spontané, on ne peut que les libérer. La qualité de ressenti qui s'exerce dans, ces "gymnastiques holistiques", cette attention à tout ce qui se passe en nous et autour de nous, permet d'adhérer pleinement au moment présent et de libérer un spontanéité adaptée aux circonstances. C'est ce que l'eutonie appelle la fluidité tonique.

Ainsi des approches millénaires venues d'Orient et des approches contemporaines créées pas des Occidentaux peuvent se répondre et se compléter  l'une l'autre. Au-delà des conflits potentiels entre courants, il est réjouissant que peu à peu les échanges entre enseignant-es ainsi que les parcours des pratiquant-es s'enrichissent et dessinent le paysage des écoles du corps.  

 

Claudine Drion

Eutoniste  

eutonie.skynetblogs.be

 

 

06/07/2008

Toucher - Contact - Transport

Voici trois notions essentielles développées par Gerda Alexander en Eutonie :

1-Le toucher conscient

Gerda Alexander souligne l’importance de la peau comme interface entre l’intérieur et l’extérieur du corps. Les expérimentations développent la sensibilité superficielle et profonde, structurent le schéma corporel et équilibrent le tonus.

Différents supports sont utilisés : toucher avec le sol, toucher avec divers objets tels que, par exemple, les balles et les baguettes, les marrons qui stimulent et guident l’attention. Ces outils font émerger « cette possibilité de venir du corps propre jusqu’à la zone périphérique ».

 2-Le contact, la perméabilité et la circulation

Le contact conscient développe la présence à la relation avec le sol, l’environnement, les objets, l’espace et à travers eux les autres personnes. Il inclut toutes les capacités d’adaptation à la relation et permet l’élaboration du mouvement le plus juste. Il participe à l’économie du mouvement.

Le manque de contact est une cause fréquente d’accidents. Sa gestion nécessite l’approfondissement de la conscience de soi, de ses limites corporelles et de son rapport au sol.

3-Le Transport

Le « transport » est défini par G.Alexander comme l’utilisation consciente du réflexe de redressement. L’expérience liée au passage des forces à travers les différents éléments du système locomoteur, et donc surtout à travers les os, facilite la mobilité. La conscience des os et les exercices de « repoussé » (qui incluent la capacité de la détente de la musculature volontaire) permettent le libre jeu des réflexes toniques, facteurs de la disponibilité posturale et générateurs de puissance dans l’économie.

17/04/2008

GERDA ALEXANDER

En travaillant sur les tensions, l'eutonie apprend la meilleure façon de bouger et de marcher. Avec le corps,  il y a intérêt à bien connaître le mode d'emploi !


L'eutonie vise à un meilleur contrôle de la tension musculaire et à la recherche d'un mouvement harmonieux, celui qui génère le moins de fatigue pour le corps.

La pratique de l'eutonie fut développée par Gerda Alexander dans les années 1930. Danseuse, elle fut frappée d'un rhumatisme articulaire aigu à l'âge de 21 ans. Handicapée dans la plupart de ses mouvements, elle étudia la tension et l'énergie qu'exige le moindre geste de la vie quotidienne en quête d'harmonie et d'effort minimum.

Elle en tira une pédagogie aujourd'hui répandue dans de nombreux pays : l'eutonie.

 

____________________________________________

Voici un texte écrit par Jessie Dellage et publié sur le site suivant :

http://www.c-possible.org/cp.cp?CPDoc=1800527

Gerda Alexander (1908-1994)

Cette année est celle du centenaire de Gerda Alexander et c’est avec une profonde reconnaissance pour tout ce qu’elle a permis de vivre directement ou indirectement à tant de personnes que je rédige ces lignes. Ma rencontre avec elle a déterminé ma démission de l’Education Nationale et mon engagement sans faille dans un domaine où presque tout était à faire en France.

Gerda Alexander cherchait la manière la plus « juste » de vivre son corps. Juste, c’est-à-dire à la fois dans le respect des lois de l’anatomie et de la physiologie mais aussi dans celui de l’expression et de la vie intérieure. Curieuse, habitée par des intuitions fortes, elle parcourut inlassablement le difficile chemin de la relation au corps, se contentant rarement de ce qu’elle découvrait, car sans cesse la remettait en question ce qu’elle était amenée à observer et à comprendre.

A la fois artiste et enseignante, elle fit d’abord cette recherche pour elle-même. En effet, atteinte très jeune d’un rhumatisme articulaire aigu, probablement à la suite des privations de la première guerre mondiale en Allemagne, à une époque où la pénicilline n’existait pas, elle n’avait, selon elle, pas d’autre choix :

"Vous entendre dire, à quatorze quinze ans, par les médecins de la Faculté que votre avenir, c'est la mort ou la chaise roulante, ce n’est guère enthousiasmant ! Et il n'était pas dans mon tempérament de me soumettre. J'ai pensé que c'était peut-être le moment de découvrir quelque chose, de trouver le moyen d'économiser mes forces et de répartir l'énergie qu'on me pronostiquait pour quelques mois ou quelques années de vie sur un temps plus long."

Elle se mit à observer les variations de sa vitalité, de ses douleurs, se rendant compte que le simple fait de leur donner son attention modifiait ses sensations. Ses gestes, sa posture se faisaient alors différemment. Plus économiques, plus disponibles. Elle trouvait ses appuis sur le sol, et la détente en résultant, elle trouvait la fonction de support du squelette, qui libère la musculature de l’effort superflu de se tenir. Sa mobilité, sa santé s’amélioraient. Et simultanément se développait en elle une capacité d’attention considérable.

Sa fragilité l’obligea à renoncer à la carrière artistique à laquelle elle aspirait depuis son enfance. Ses parents s’étaient rencontrés par leur intérêt pour la méthode d’Emile Jaques Dalcroze et elle avait fréquenté tout au long de sa scolarité, après la classe, l’école de rythmique de Wuppertal. Cette éducation artistique l’enthousiasmait. Elle serait danseuse, musicienne, ou mieux, metteur en scène d’opéra ou de théâtre. Mais la maladie stoppa ses projets et elle opta pour l’enseignement de la rythmique.

En 1929 elle quitta l’Allemagne pour le Danemark, pour enseigner dans les jardins d’enfants et s’y installa définitivement quand Hitler accéda au pouvoir, persuadée, disait-elle, que son travail ne pourrait se développer sous un tel régime. Elle introduisit peu à peu dans ses cours les exercices qui l’aidaient elle-même quand les enfants semblaient fatigués ou dispersés. Les parents constatèrent une telle amélioration dans le comportement et la santé de leurs enfants, qu’elle fut bientôt appelée à l’hôpital. Elle aida de très nombreux enfants spastiques ou asthmatiques.

Elle continuait de fréquenter les milieux artistiques. Les musiciens et les comédiens se mirent à faire de plus en plus appel à elle pour les aider à prévenir, voire à résoudre, leurs difficultés : tensions, douleurs, surmenage. Elle travailla dès 1936 à l’Opéra Royal puis après la guerre également à l’Orchestre Symphonique de la Radio de Copenhague. Ses apports, simples, pratiques, pour la posture et la relation à l’instrument, montrent une profonde intelligence du corps. Ils ne faisaient pas que soulager les douleurs ; les chefs et metteurs en scène constataient également des changements radicaux au niveau artistique.

Sa réputation grandit. Des médecins, en Europe, aux Etats-Unis, des psychanalystes, l’invitèrent à parler de son travail et à former des praticiens. Ne pouvant répondre à toutes les demandes qui lui étaient faites, elle ouvrit en 1947 une école de formation professionnelle. Il lui fallut alors trouver un nom pour décrire sa pratique. Elle choisit celui d’eutonie, par opposition au mot dystonie, car les dystonies neurovégétatives étaient les affections sur lesquelles son travail avait le plus d’influence. L’eutonie fait référence à un tonus musculaire pleinement accordé à la situation vécue. Elle redonne à la musculature son élasticité, sa capacité de se modifier selon les besoins, défaisant les fixations, les gestes stéréotypés, les postures limitées ou douloureuses.

Transmettre à de futurs professionnels amena Gerda Alexander à dégager de l’eutonie ses principes fondamentaux.

  • La détente consciente, bien sûr, par divers moyens dont la conscience du support.
  • Le mouvement et ce qui le permet : l’étirement, le repousser contre résistance, le mouvement conduit à partir d’une région du corps. Toujours dans le respect de la sensation éprouvée. Donc en travailant sur la limite, la polarité plaisir/douleur.

Elle définit deux concepts essentiels :

  • Le contact conscient, qui différencie au niveau de la peau l’information qui vient de l’objet vers le corps et le stimule, de celle qui est impulsée vers ou à travers l’objet.
  • Le transport osseux, utilisation consciente du réflexe de redressement, qui suit les lignes de force du squelette. Le poids confié au sol et au squelette, en position redressée, la musculature devient disponible pour le geste. Elle est la première et sans doute la seule à ce jour à avoir préconisé la stimulation et le ressenti des os dans leur forme et leur consistance pour uns posture et un mouvement économiques.

On retrouve toute sa sensibilité artistique dans la qualité de son enseignement. Elle était une créatrice et ne pouvait accepter un quelconque « dressage » du corps, ni des contraintes physiques abusives. Elle fut une des premières à s’intéresser au corps vécu, au corps sensible et à chercher comment éveiller cette sensibilité-là, qui est individuelle et ne peut être encouragée sans que soit pris le risque de l’expression individuelle. Une transmission, qui amène l’élève à se différencier de son enseignant n’était guère la préoccupation des artistes de l’époque. Pour elle si. Elle portait constamment cette question :

« Qu’est ce que la liberté dans le domaine du mouvement ? Existe-t-elle seulement ? »

Elle dit par exemple, se référant aux congrès internationaux de danse qui commençaient à se mettre en place dans les années vingt en Allemagne :

« Dans le hall de ces grands hôtels où étaient logés les artistes, j’étais frappée par le fait que je pouvais reconnaître à sa manière de marcher l’élève de tel ou tel professeur. Où était sa liberté, si son mouvement était à ce point imprégné des habitudes toniques de son enseignant ? »

La liberté du corps est-elle naturelle ? S’éduque-elle ? Comment intervenir en tant que professeur pour ne pas simplement laisser quelqu’un bouger, avec ses limitations, mais le mener vers davantage de liberté ? L’éducation corporelle pose directement ces questions, et Gerda Alexander s’y attelle alors très concrètement. Elle donne de l’importance au ressenti. Le mouvement s’ajuste de lui-même quand on peut sentir ce qu’on fait. Elle invite à une recherche personnelle de ce qui est juste. Juste pour soi. Tout en respectant et en allant vers les lois de l’anatomie osseuse. La personne sait, parce qu’elle en fait l’expérience. Ceci était complètement révolutionnaire entre les deux guerres dans le domaine du mouvement.

« Le pire de tout est l’imitation. » dit-elle. « Le mouvement humain n’est pas mécanique ».

Les exercices d’eutonie sont une invitation à l’expérience. Gerda Alexander appelait toutes les personnes à qui elle s’adressait, de l’enfant hospitalisé à l’étudiant en formation, ses élèves, non pour les infantiliser mais parce que son objectif était l’éducation de soi par soi, la recherche de l’autonomie par l’appropriation de sa propre expérience. Elle réunissait ces personnes en petits groupes, qu’elle préférait aux cours individuels, pour le partage d’expérience qu’ils permettent. L’autre perçoit différemment le même exercice, son vécu est différent et c’est une surprise. Il n’y a jamais de suggestion de ce qui est à percevoir.

Cette exigence la conduisit à trouver les mots qui donne le cadre précis d’un exercice sans préjuger des découvertes qui s’y feront, sans jamais nommer pour l’élève sa perception. Le mot, la consigne donnée doit permettre à chacun de trouver son chemin avec une grande objectivité dans le langage des sensations. En ceci sa pédagogie fait partie intégrante de l’eutonie.

Gerda Alexander était membre de la Société anthroposophique danoise. Il nous intéressera de savoir qu’elle participa au groupe de lecture de la Philosophie de la liberté avec le Dr Büchenbacher qui venait régulièrement à Copenhague. L’étude de ce livre nous permet de comprendre à quel point la concernait la nécessité de s’approprier sa propre pensée, pour en interroger les fondements, et l’adéquation aux actes posés. Elle renonça cependant à faire lire les livres de Rudolf Steiner à l’école d’eutonie (Théosophie, Philosophie de la liberté) quand une de ses collaboratrices lui fit remarquer que, n’étant pas elle même anthroposophe, elle se sentait gênée de devoir travailler ces ouvrages. Gerda Alexander accepta la réserve. Ce qui l’intéressait avant tout était l’expérience directe. « La vie spirituelle est libre », disait-elle, « je ne veux pas que mes élèves soient anthroposophes pour faire comme moi ». Elle n’était pas une intellectuelle mais une femme de volonté et d’action.

En remerciement pour ses travaux et pour son rôle dans l’action à laquelle elle participa pour sauver des juifs pendant la guerre, la reine lui offrit la nationalité danoise. Soutenue par cette dernière, elle put organiser en 1959 une première mondiale, un « Congrès international pour le mouvement », rassemblant médecins, artistes et enseignants autour de la relation au corps. Elle ferma l’école professionnelle de Copenhague en 1992 et retourna à Wuppertal, sa ville de naissance, où elle s’éteignit à l’âge de 86 ans.

Aujourd’hui l’eutonie Gerda Alexander † est répandue dans le monde. Elle connut un grand succès dans les années soixante dix, quatre-vingt en Europe et en Amérique du Sud. Il paraît nécessaire aujourd’hui de la resaisir et de la décrire dans l’époque actuelle, pour la situer dans un contexte qui a énormément évolué. Ou de trsè nombreuses pratiques voient le jour.

De très nombreuses pratiques professionnelles se sont inspiré de l’eutonie, ignorant souvent ce qu’elles doivent à Gerda Alexander. En effet celle-ci poussa jusqu’au bout son respect de la liberté de chacun :

« J’ai donné tout ce que j’ai pu à mes élèves, je leur fais confiance pour ce qui doit venir. Si l’eutonie n’est plus adaptée au monde, on trouvera autre chose, car le plus important, c’est de toujours rester en contact avec les réalités et profondément ancré dans les besoins de son temps. »

L’eutonie est une discipline simple dans sa pratique. Sa simplicité même révèle l’immense travail fait en amont par sa créatrice. Poursuivre son travail, c’est exercer l’eutonie, bien sur mais aussi se convaincre que « nous sommes un peu plus chaque jour ce corps sur lequel nous prenons appui. » Que nous ne sommes pas ailleurs.

Jessie Delage

Bibiographie :

  • Gerda Alexander. L’Eutonie. Sand. Paris 1996
  • Violetta de Gaimsa. Entretiens avec Gerda Alexander. Dervy Livres
  • Gunna Brieghel Muller. Eutonie et relaxation. Delachaux et Nestlé.
  • Jessie Delage. L’eutonie, pédagogie ou thérapeutique ? Sa naissance au XX° siècle et sa place dans la société contemporaine. DEA de l’EHESS.

24/03/2008

BIBLIOGRAPHIE

ALEXANDER Gerda,  Le corps retrouvé par l'Eutonie, Collection Le corps à vivre, Paris, Tchou, 1977.

 ALEXANDER Gerda, L'Eutonie. Un chemin de développement personnel par le corps, Paris, Tchou, 1996.

 BRIEGHEL-MULLER Gunna, Eutonie et relaxation, Lausanne, Delachaux et Niestlé, 1972, 3e ed. 1986.

 BRIEGHEL-MULLER Gunna et WINKLER Anne Marie, Pédagogie et thérapie Eutonie Gerda Alexander, Ed. Delachaux et Niestlé, Lausanne - Paris 1994.

 DIGELMANN Denise, L'eutonie de Gerda Alexander, Ed. du Scarabée, Paris, 1971.

 DULIEGE Dominique L'Eutonie Gerda Alexander, Meschers, Bernet-Danilo, Coll. Essentialis, 2002

 DRION Claudine et BOUTE Carine, Eutonie et pédagogie, ABEGA, Bruxelles, 2003.

 GAUMOND Marcel, Du corps à l'âme, Ed. Le Loup de Gouttière, Québec 1996.

 HEMSY de GAINZA Violetta, Entretiens sur l'Eutonie avec Gerda Alexander, Ed. Dervy, Paris, 1997.

 KJELLRUP Mariann Vivre en harmonie avec son corps par l?eutonie, St.Jean de Braye (Fr.), Dangles, Coll. Psycho-soma, 2002.

 MEUNIER - FROMENTI Jacqueline, Eutonie et pratiques corporelles pour tous, Ed. Le courrier du livre, Paris, 1989.

 WINDELS Jenny, Les enfants et l'eutonie, pédagogie et rééducation par le mouvement, Paris, Bernard Giovanangeli, 2002.

 Collectif : ABEGA, (Association Belge d'Eutonie Gerda Alexander), Le contact, compte-rendu des conférences de Bruxelles du 12 juin 1988.

 Collectif, ABEGA, (Association Belge d'Eutonie Gerda Alexander),
Le corps en psychothérapie - Possibilités et limites des approches non-verbales, ouvrage collectif, Louvain-la-Neuve, ABEGA, 1989
 

Collectif, Gerda Alexander : impulsion et impression, Ed. Hélène Roitinger, 2008.

 

23/03/2008

Effets et dimensions de l'eutonie

Quelques effets

• La détente après une journée de travail, de manière à se défaire de la fatigue quotidienne.

• La recherche de mouvements adéquats permettant une meilleure utilisation de sa force et de son énergie sans blocage au niveau des articulations, et par conséquent, la capacité d’exécuter des gestes techniques sans altération des tissus musculaires et osseux.

• Les tensions dues au travail peuvent s’évacuer si elles sont réduites au fur et à mesure. On évite ainsi le risque qu’elles se fixent ou s’enracinent.

• La recherche d’une constante adaptabilité dans les variations toniques, dues à des situations inédites, imprévues, réactualisées ou renouvelées, amène à une meilleure organisation personnelle des conduites.

• L’élimination progressive des mouvements parasites apporte une plus grande disponibilité dans la gestuelle.

• Les relations avec l’objet, le contact conscient entre le corps et l’outil, avec le matériau, permettent d’éviter les tensions.

• La conscience du "transport", c’est-à-dire le redressement réflexe du corps, peut éliminer les crispations du bassin et du dos et rendre plus mobiles les épaules, les bras et les avant-bras, les mains et les doigts.

• Pour porter, jeter, prendre, trier, pousser, poser, glisser, élever, soulever,  etc., la technique de l’eutonie G.A. par le "repousser" dans les appuis est d’une grande utilité et permet d’économiser ses forces.

Dimensions de l'eutonie

1. Observer, ressentir : c'est dans l'observation objective que se dénouent les tensions.

2. Perception des os - "transport" - dans le  repousser pour s'asseoir, marcher, porter,...

3. Contact avec l'environnement, l'espace, des objets pour enlever les tensions (balles de tennis, bambous, ballons, etc)ainsi qu'avec des êtres vivants.

4. Etirements par mouvements activo-passifs et dessins dans l'espace.

5. Bailler, rire et laisser le souffle se déployer.

6. Circuits : mains-bras; pieds-jambes pour s'harmoniser.

7. Globalité de la peau : sentir l'enveloppe qui nous protège et établit la communication intérieur<==> extérieur.

8. Se donner de l'espace et donner de l'espace à l'autre

9. Fluidité tonique : sans tension musculaire, le tonus s'harmonise.

10. Improviser, s'adapter, sans copier un modèle ou reproduire quelquechose : il s'agit pour chacun-e de trouver son chemin à partir de ses sensations.

11. Positions de contrôle

Une pédagogie corporelle accessible

Nos corps se façonnent peu à peu au gré des modes et de contraintes de la vie moderne, dans des attitudes qui se figent trop souvent et deviennent douloureuses et inefficaces. Parmi les propositions que l'on trouve aujourd'hui dans le domaine du mieux-être, l'eutonie apparaît comme une pédagogie originale, une pratique corporelle exigeante, fondée sur l'observation des sensations. La personne est considérée comme un-e élève en recherche et non comme un-e patient-e.

L' « eutonie », c'est la recherche du tonus harmonieux.

Apprendre à sentir son corps, se mouvoir librement avec le minimum de fatigue, faire varier son tonus en fonction des situations à vivre.  Les consignes de l'eutoniste amènent chaque élève à (re)découvrir sa peau, ses os, son espace intérieur et le contact avec le monde environnant. On réactive le réflexe de redressement qui permet à la colonne vertébrale de s'ériger naturellement, sans effort. D'étirements en bâillements, la détente vient peu à peu. La stimulation de la peau, le travail sur les os élève le tonus.

Avec l'eutonie, pas de schéma préalable, de progression prévisible.

 Chacun-e y est bienvenu-e, surtout les plus raides !, pour un cheminement vers un mieux être.

Claudine Drion, eutoniste GA ®

L'eutonie et les chemins du ki

(texte en construction) 

L'eutonie propose différentes pistes qui permettent d'avancer vers les arts martiaux ou les autres voies du ki (ou du tchi).

  • Les étirements agissent sur les méridiens.
  • Le yin et le yang ne sont pas nommés ainsi mais la complémentarité et l'harmonie sont recherchées.
  • L'harmonisation entre l'ortho et le para sympathique (SNA)
  • Les positions de contrôles et les étirements préparatoiresyin-yang
  • Les prolongements
  • Peau/Os
  • Toucher/Contact
  • Le transport ?
  • Attention aux sensations - méditation vipassana

 

21/03/2008

L'eutonie en quelques dimensions

 

1. Observer, ressentir : c'est dans l'observation objective que se dénouent les tensions.

2. Perception des os - "transport" - dans le  repousser pour s'asseoir, marcher, porter,...

3. Contact avec l'environnement, l'espace, des objets pour enlever les tensions (balles de tennis, bambous, ballons, etc)ainsi qu'avec des êtres vivants.

4. Etirements par mouvements activo-passifs et dessins dans l'espace.

5. Bailler, rire et laisser le souffle se déployer.

6. Circuits : mains-bras; pieds-jambes pour s'harmoniser.

7. Globalité de la peau : sentir l'enveloppe qui nous protège et établit la communication intérieur<==> extérieur.

8. Se donner de l'espace et donner de l'espace à l'autre

9. Fluidité tonique : sans tension musculaire, le tonus s'harmonise.

10. Improviser, s'adapter, sans copier un modèle ou reproduire quelquechose : il s'agit pour chacun-e de trouver son chemin à partir de ses sensations.

11. Positions de contrôle pour assouplir les articulations.